Par Maya H.
Les manifestations populaires se poursuivent. Experts et universitaires ont relevé l’impact de ces évènements sur l’économie nationale. Qu’en est-il de la Bourse d’Alger ? Joint hier au téléphone, son premier responsable, Yazid Benmouhoub, souligne qu’«avec uniquement 6 entreprises cotées, il n’y pas eu d’impact», précisant qu’il «est préférable d’attendre d’ici le mois de juillet pour faire le bilan du premier semestre, et on dira de façon définitive si impact il y a ou non».
Année après année, on s’attendait à une dynamisation de la Bourse. Mais, à ce jour, elle peine à se frayer un chemin de marché générateur de capitaux au bénéfice des entreprises. Le sera-t-elle dans le cadre de la nouvelle République réclamée par des millions d’Algériens ? A cette question, le premier responsable dira que la Société de gestion de la Bourse des valeurs mobilières qu’il préside œuvre toujours à s’affirmer et apporter sa plus-value à l’économie nationale. Des démarches sont menées. Il est question notamment de la mise en place, à partir de cette année, d’un système de cotations en ligne. «Nous sommes convaincus que le marché des capitaux doit connaître un développement rapide, notamment avec la situation financière du pays. Il s’érigera en un acteur majeur dans le financement des entreprises, et par ricochet, de l’économie nationale », souligne M. Benmouhoub. Et d’ajouter : «Cette cotation en ligne s’accompagnera nécessairement par une mise à niveau de notre législation et réglementation boursières. C’est aussi un signal pour le marché. On veut dire aux entreprises qui sont jusque-là réticentes, que la Bourse d’Alger s’inscrit dans une logique de progression, et les standards de son fonctionnement seront les mêmes que les Bourses mondiales.» Il est aussi question de permettre à la Bourse d’Alger de se lancer dans l’émission des soukouk, dans le cadre de la finance islamique. «Cela fait partie de l’innovation financière et des éléments qui jouent en faveur de l’inclusion financière. Une fois les fonds circulant hors le circuit bancaire attirés vers le secteur formel, les banques, étant elles-mêmes des intermédiaires en opérations de Bourse, on aura construit une passerelle vers la Bourse d’Alger», relève, optimiste, M. Benmouhoub. A propos de la PME qui constitue un compartiment, mis en place dans le cadre du projet de modernisation du marché financier, en vue d’accroître sa contribution à la mobilisation de l’épargne et au financement de l’économie, le premier responsable de la Sgbv dira qu’en plus d’Aom Invest, spécialisée en tourisme thermal, deux autres PME devraient entrer en Bourse en 2019. Ces sociétés vont pouvoir augmenter leurs capacités de financement et bénéficier, en plus, de plusieurs avantages fiscaux. Il a ainsi invité les PME algériennes à franchir le pas vers la Bourse d’Alger et profiter de tous ses avantages. Rappelons que la rémunération sur l’épargne bancaire (taux d’intérêt), imposable à partir de la somme de 50 000 DA, varie entre 2,75% et 4%, tandis que la rémunération boursière (dividendes d’actions) varie quant à elle entre 6,75% et 11%. Au sujet des PME, Mohamed Boukhari, économiste, explique que pour que ces entités «participent pleinement à l’essor économique de notre pays, il est indispensable d’avoir un environnement réglementaire et administratif propice aux affaires, des industries connexes inductrices d’innovation pouvant fournir des capacités technologiques et logistiques, des acteurs financiers engagés, des ressources humaines qualifiées, et un Etat incitateur et accompagnateur».