Lancé par une partie des employés du secteur de la culture, un sit-in s’est déroulé, hier en fin de matinée, devant l’entrée principale du ministère de la Culture, situé sur les hauteurs de Kouba.
Une cinquantaine d’employés de différentes directions de la culture se sont ainsi rassemblés avec pour principal objectif d’exprimer haut et fort leurs revendications et marquer leur solidarité avec les manifestations populaires pour le changement radical du système qui est toujours en place. Ce sit-in a également pour objectif, nous ont précisé certains employés du secteur de la culture, de dénoncer les conditions de travail au sein du ministère. Les déclarations recueillies sur place à l’issue du rassemblement laissent ainsi apparaître un sentiment de malaise et de déconnexion entre la nouvelle ministre Meriem Merdaci, les cadres supérieurs du secteur et les employés du ministère. En effet, manifestation relativement petite de par son ampleur et sa durée –environ une heure- elle aura néanmoins réuni près de la moitié des employés du ministère. Les protestataires précisant en ce sens que le rassemblement avait été décidé de façon spontanée et que beaucoup n’étaient «pas au courant».
Pour les protestataires, ce sit-in, qui s’inscrit dans la continuité des marches populaires contre le «système», a aussi pour objectif de montrer les conditions de travail et l’ambiance délétère qui semblent actuellement marquer le quotidien au sein de leur institution. Ainsi, bien que le constat ne se base que sur les déclarations d’employés ayant pris part, hier, à la manifestation, les personnes interrogées ont entre autres dénoncé «qu’aucun sous-directeur n’avait pris part à ce rassemblement démonstration» et que les salaires des employés étaient «dérisoires» en comparaison avec les rémunérations des cadres. Ils ajoutent que le contact avec la nouvelle ministre de la Culture, Meriem Merdaci, nommée par le gouvernement de Noureddine Bedoui, était «plus que difficile». En effet, la nouvelle responsable du secteur, en poste depuis le 31 mars dernier et dont les seules actions officielles – pour le moment – ont été d’annoncer la supression de ses comptes sur les réseaux sociaux puis de démentir les rumeurs de sa démission, se serait également mise à dos des employés de son secteur. La nouvelle ministre de la Culture apparaissant ainsi comme particulièrement impopulaire, des manifestants nous précisent qu’il ne lui
«reconnaissent aucune légitimité». D’autres nous font savoir que la nouvelle ministre s’était contentée, à l’issue de la passation de consignes, de «faire le tour des bureaux sans adresser la parole aux employés ». D’autres manifestants sous-entendent un certain mépris de la part de leur nouvelle responsable et affirment qu’ils «n’avaient pas encore vue la nouvelle ministre de la Culture». n