Militants, activistes et autres animateurs d’associations promettent une forte mobilisation pour les marches de demain vendredi aux quatre coins du pays, en dépit du retour à l’usage de la force, constaté notamment mardi à l’occasion de la marche des étudiants des universités d’Alger. La mobilisation de ce week-end intervient au lendemain de l’installation de Bensalah en tant que chef de l’Etat par intérim et les marques de désapprobation suscitées auprès de larges pans de la société.

« Nous prévoyons des marches pacifiques qui peuvent mobiliser jusqu’à deux millions, rien que dans la capitale», nous dit Djalal Mokrani, membre du bureau national de l’association Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ).
Pour lui, les marches d’hier (mercredi) notamment à Alger, intervenant au lendemain de la désignation de Bensalah à la tête de l’Etat, est « un signe de la persistance des citoyens à réaliser tous les objectifs du mouvement populaire ».
RAJ « ne lésine sur aucun effort pour être au rendez-vous de la mobilisation», a relevé Mokrani, expliquant que les locaux de l’Association, née au lendemain des évènements d’Octobre 1988, sont ouverts pour les membres des autres associations et des militants de partis politiques. Objectif principal, préparer les slogans et les banderoles à distribuer aux manifestants. « Nous distribuons chaque vendredi un paquet de ces banderoles en faveur des citoyens qui nous rejoignent dans un carré que nous formons à partir de l’endroit où se trouve le siège de l’association, rue Larbi-Ben M’hidi».
La formation de ce carré est pour un « objectif purement organisationnel et ne vise pas à influencer la spontanéité du mouvement populaire », fait savoir le représentant de RAJ, qui fait état d’un travail étroitement coordonné avec plusieurs autres associations à l’instar de l’association Lala Fatma N’soumer.
Notre interlocuteur rappelle, dans ce sens, que vers fin mars dernier, 21 organisations syndicales, associatives et d’autres activant dans la défense des droits de l’Homme, parmi elle les associations RAJ et «SOS disparus » ont proposé une feuille de route pour sortir de la crise politique actuelle avec comme point de convergence l’élection d’une Assemblée constituante. Pour Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP) et l’un des membres de la Confédération des syndicats algériens, la mobilisation ne devrait pas subir d’essoufflement. « Nous sortirons vendredi en tant que citoyens. Les revendications sont aujourd’hui politiques et citoyennes, d’où cette action de soutenir le mouvement populaire afin de parvenir à un changement réel», nous explique le syndicaliste. Sur la solution à préconiser, le porte-parole du SNPSP estime « important » d’aller vers une période de transition avec de nouvelles personnalités «dignes de confiance», jugeant, par ailleurs, « nécessaire» le départ de Bensalah, Bedoui et Belaïz.
« Cette revendication sera largement partagée demain », a noté M. Merabet, Les avocats, une autre catégorie professionnelle très impliquée depuis le début du mouvement populaire, se prépare, elle aussi, pour la marche pacifique de demain. « Nous marcherons demain.
Des avocats et des défenseurs des droits de l’homme seront présents demain dans les marches pacifiques. Nos slogans seront ceux du peuple parce que nous marcherons en tant que simples citoyens », nous a affirmé Amine Sidhoum, le président du réseau des avocats algériens de la défense des droits de l’Homme. Ce réseau «comporte actuellement 200 adhérents, tous des avocats qui travaillent en collaboration avec leurs confrères pour soutenir le mouvement populaire et réclamer un Etat de droit », souligne-t-il. « Dans des circonstances de ce mouvement populaire, les outils de communication jouent aussi un rôle déterminant pour assurer une vaste mobilisation notamment à la veille des marches organisées chaque vendredi», a ajouté le même avocat.
«Notre réseau compte un noyau de 40 avocats qui s’entend toujours sur les messages à adopter», fait-il remarquer. En matière d’outils et de plate-forme de diffusion de l’information servant la mobilisation, ces organisations recourent aux réseaux sociaux, alors que l’Association RAJ a eu «l’ingénieuse idée » de se doter d’une radio web (RAJ, voix des jeunes) pour «parvenir à toucher un maximum de citoyens», se réjouit Djalal Mokrani.n