L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a confirmé, hier, la baisse de sa production qui a été, en partie, à la source de la hausse actuelle des cours.

Par Hakim Ould Mohamed
Dans son rapport mensuel pour le mois de mars, l’Opep a fait état d’une baisse de son offre en mars, avec notamment un nouveau recul au Venezuela qui a amplifié les effets de l’accord d’encadrement de la production conclu par l’Opep et ses alliés, Russie en tête. La mise en œuvre de la décision de réduction de la production, prise lors de la dernière réunion Opep-non-Opep du 7 décembre 2018, a contribué à faire remonter les cours, ceux-ci avaient perdu environ 40% de leur valeur durant le dernier trimestre de 2018. Cette limitation de l’offre, qui est de l’ordre de 1,2 million de barils par jour, a contribué à faire monter les prix du brut de 32% cette année.
Les niveaux sont pratiquement les mêmes que ceux observés en novembre 2018. Ce qui signifie qu’une partie des pertes subies d’octobre à décembre 2018 a été récupérée de janvier à mars 2019. Aux réductions de production décidées dans le cadre de l’accord dit Opep, se sont ajoutés, depuis peu, les effets des sanctions américaines contre le Venezuela et l’Iran, ce qui a aidé également à remettre les cours sur une courbe haussière. Une hausse qui a provoqué les foudres du président américain Donald Trump, qui fait pression sur l’Arabie saoudite et les autres producteurs pour qu’ils lèvent le pied. Dans son rapport mensuel publié, hier, l’Opep indique que le Venezuela lui a notifié une production d’un peu moins de 960 000 barils par jour (bpj) au mois de mars, soit une baisse de près de 500 000 bpj par rapport à février, et un nouveau plus bas des dernières années. Ces statistiques sur la baisse brutale de l’offre provenant du Venezuela, le plus grand pays de par les réserves pétrolières prouvées, relance le débat au sein du groupe Opep-non-Opep sur l’utilité de prolonger les baisses de production au-delà du mois de juin. Un haut responsable russe a affirmé, lundi, que Moscou souhaitait augmenter sa production, alors que le ministre saoudien de l’Energie, Khaled Al-Faleh, a estimé, lundi, que les producteurs de pétrole n’auront peut-être pas besoin de réduire davantage leur production. «Je pense que le marché se rapproche de l’équilibre», a-t-il dit. La production totale de l’Opep a diminué de 534 000 barils par jour pour atteindre un peu plus de 30 millions de barils par jour le mois dernier, selon des sources secondaires (indirectes) citées dans le rapport mensuel de l’Organisation, publié hier. Il n’y a pas que le Venezuela qui a contribué à la baisse de la production totale de l’Organisation. La production de l’Opep a aussi été
limitée par la très forte baisse
(324 000 b/j) enregistrée en Arabie saoudite. Le géant saoudien, chef de file de l’Opep, montre ainsi sa détermination à soutenir les cours du pétrole alors que l’Organisation fait face aux pressions du président américain, Donald Trump. D’autres pays ont aussi vu leur production reculer en mars, notamment l’Irak (-126 000 b/j) et dans une moindre mesure l’Iran (-28 000 b/j), qui est touché par des sanctions américaines. La production libyenne a en revanche nettement progressé (+196 000 b/j) : le mois de mars n’était pas encore affecté par les combats actuels entre les forces de Khalifa Haftar et celles du gouvernement d’union nationale (GNA) basé à Tripoli. Le rapport de l’Opep note, par ailleurs, que les stocks des pays développés ont baissé en février après leur hausse du mois précédent. n

Le Sahara Blend algérien augmente à 66,38 dollars en mars
Les cours du Sahara Blend, le brut de référence algérien, ont progressé de 2,08 dollars en mars, soutenu par les efforts des pays producteurs Opep-non-Opep visant à limiter la production pétrolière afin de stabiliser le marché. Selon les chiffres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) dans son rapport mensuel, publié hier, la moyenne mensuelle des prix du Sahara Blend s’est établie à 66,38 dollars le baril en mars contre 64,30 dollars un mois auparavant. Le rapport de l’Opep indique, par ailleurs, que la production de l’Algérie en mars dernier a atteint 1,023 million de barils par jour (Mbj), soit en léger repli de 2 000 barils par jour comparativement à la production moyenne de février (1,025 Mbj).