A l’issue de son intronisation en tant que chef de l’Etat par intérim par le Parlement, Abdelkader Bensalah a prononcé dans la soirée du mardi 9 avril une allocution qui a signé le début officiel de son mandat de 90 jours, selon l’article 102 de la Constitution.

A bien relire son discours dont la tonalité générale est l’« espoir » de son auteur de voir aboutir sans violence ni dommages le processus transitionnel qu’il dirige, deux points essentiels le constituent véritablement et l’articulent de fond en comble. Le premier point est la précaution prise et très fortement soulignée à rappeler aux Algériens que le chef de l’Etat par intérim n’est là, à son nouveau poste, que pour trois mois, pas au-delà, et uniquement pour passer le relais au prochain président de la République élu. Le second point est d’informer que, pour cet objectif, il prendra l’initiative de lancer des consultations avec les forces politiques et nationales, de la société civile notamment, pour la préparation de cette échéance dans les meilleures conditions possibles. «Conformément aux dispositions de l’article 102 de la Constitution, le président du Conseil de la Nation assure la charge de chef de l’Etat pour une durée de quatre-vingt-dix (90) jours au maximum, au cours de laquelle des élections présidentielles seront organisées. C’est là l’engagement que je prends devant vous aujourd’hui », a déclaré Abdelkader Bensalah « Il s’agit là d’une mission constitutionnelle qui ne peut être que ponctuelle, que je me dois d’assumer en conformité avec ce que me dicte mon devoir constitutionnel, avec abnégation, honnêteté et détermination, dans l’intérêt de notre vaillant peuple pour la contribution à la concrétisation de ses aspirations légitimes et entendues », a-t-il également souligné.
Le chef de l’Etat par intérim affirme que « le tournant que va traverser notre pays débutera par une phase décisive qui consistera à remettre, constitutionnellement, les pouvoirs au président de la République démocratiquement élu, dans un délai qui ne saurait dépasser les quatre-vingt-dix jours à compter de la date de mon entrée en fonction en tant que chef de l’Etat». «Le chef de l’Etat désigné ne peut être candidat à la présidence de la République», a-t-il encore précisé. Quant à la préparation du scrutin présidentiel, «c’est en concertation avec la classe politique et civile citoyenne que je me propose, en priorité et en urgence, de créer une institution nationale collégiale, souveraine dans ses décisions, à laquelle sera dévolue la mission de réunir les conditions nécessaires de préparation et d’organisation d’élections nationales honnêtes et transparentes », a insisté M. Bensalah.
« Le gouvernement et les services administratifs concernés seront chargés de la soutenir et de l’accompagner dans l’accomplissement de ses missions en toute liberté », a-t-il noté par ailleurs, en parlant de « main sincère et loyale » qu’il « tend à tout un chacun pour surmonter les divergences » et « nous investir dans une action collective historique à la hauteur des défis de l’étape, reposant sur les valeurs de solidarité, de cohésion et d’abnégation, dans le but d’atteindre l’objectif suprême, c’est-à-dire poser les fondements de l’Algérie du futur ». Pour Abdelkader Bensalah, les marches pacifiques pour le changement « ont ouvert, pour notre pays, un horizon démocratique nouveau». Son espoir «est l’investiture prochaine d’un président de la République qui, avec son programme, inaugurera la première étape de la construction de l’Algérie nouvelle». Il est «de voir tous nos citoyens contribuer, avec ardeur et abnégation, à cette édification ».n