« Le chef de l’Etat Abdelkader Bensalah a signé mardi le décret présidentiel convoquant le corps électoral pour l’élection présidentielle fixée au 4 juillet 2019 », indique selon l’APS, un communiqué de la présidence de la République.

« Monsieur Abdelkader Bensalah, chef de l’Etat, a procédé le mardi
9 avril 2019, jour de sa prise de fonction, à la signature du décret présidentiel portant convocation du corps électoral à l’élection présidentielle fixée au jeudi 04 juillet 2019», précise le même communiqué. Le contenu de ce document est porteur d’une nouvelle initiative au programme depuis la démission de l’ex-président de la République et l’activation de l’article 102 de la Constitution, qui a permis l’installation de l’ancien président du Conseil de la Nation (Sénat) dans ses nouvelles fonctions.
Le moins qu’on puisse en dire est que, par sa portée politique mais, surtout par l’« heure » à laquelle elle a été annoncée, il correspond tout à fait à l’allocution que M. Bensalah a prononcée dans la soirée de son investiture, mardi 9 avril 2019. Dans son message aux Algériens, le chef de l’Etat par intérim s’est, en effet, engagé en tant que meneur en chef de la transition dans laquelle se trouve le pays désormais à organiser dans les délais légaux de 90 jours l’élection présidentielle. Il a également affirmé que, pour ce faire, il lancera, lui et son gouvernement, les consultations nécessaires pour que le scrutin présidentiel se déroule dans les conditions d’ouverture nécessaires à leur transparence.
Plus globalement, M. Bensalah installe une nouvelle «balise» à la feuille de route qu’il doit appliquer dans sa « mission constitutionnelle ponctuelle » comme il l’a précisé dans son discours inaugural. «Je ne suis là que pour organiser l’élection présidentielle et passer le relais au prochain président de la République élu», a-t-il dit en substance, avant de souhaiter que sa mission ne soit pas rejetée par le mouvement populaire pour le changement.
En utilisant à plusieurs reprises le mot «espoir», Abdelkader Bensalah a semblé faire l’aveu que ses actions – dont celle de convoquer hier le corps électoral pour un premier tour de la présidentielle en date du 4 juillet prochain – n’allaient pas avoir l’assentiment du «Hirak» et du mouvement populaire à l’origine de la démission de l’ex-président Bouteflika, le 2 avril. Face à la colère de la rue, et en dépit des messages d’avertissement ou d’appels à la raison (c’est comme on veut) qu’a eu le chef d’état-major de l’ANP de dire qu’«il appartient à tout un chacun de comprendre et assimiler tous les aspects et les contours de la crise (…) qui s’aggravera davantage si les positions obstinées et les revendications irréalisables persistent », Abdelkader Bensalah et le pouvoir en entier restent dans une position comparable à une partie d’échecs.
Si, jusque-là, ce pouvoir n’a pas manqué d’avancer toutes les pièces qu’il pense utiles pour apaiser la contestation – application de l’article 102 de la Loi fondamentale, intronisation d’un chef de l’Etat pour une période de 90 jours et la convocation rapide du corps électoral – rien ne dit qu’il finira par imposer la logique de sortie de crise constitutionnelle qu’il a choisie. Les partis et les courants d’opposition, rappelons-le, considèrent que l’approche constitutionnelle pour la conduite de la transition post-Bouteflika ne résoudra pas la crise politique et mènera le pays vers l’impasse.

Bon à savoir

La déclaration de candidature du postulant à l’élection présidentielle doit être déposée, conformément à l’article 140 de la loi organique portant régime électoral, au plus tard, dans les 45 jours qui suivent la publication du décret présidentiel portant convocation du corps électoral. Pour que son dossier soit validé par le Conseil constitutionnel, le postulant à la candidature doit présenter soit une liste comprenant 600 signatures individuelles d’élus d’Assemblées populaires locales (APC et APW) ou parlementaires, réparties au moins à travers 25 wilayas, soit une liste comportant
60 000 signatures individuelles, au moins, d’électeurs. Ces signatures doivent être recueillies à travers, au moins, 25 wilayas avec un nombre minimal de signatures exigées pour chacune des wilayas qui ne saurait être inférieur à 1 500. Les autres pièces du dossier sont, notamment, un certificat de nationalité algérienne d’origine de l’intéressé, une déclaration sur l’honneur attestant que l’intéressé possède uniquement la nationalité algérienne d’origine et qu’il n’a jamais possédé une autre nationalité et une déclaration sur l’honneur attestant que l’intéressé est de confession musulmane. Le prétendant à la candidature doit, également, fournir un certificat de nationalité algérienne d’origine de son conjoint, un certificat médical délivré à l’intéressé par des médecins assermentés, une déclaration sur l’honneur attestant de la résidence exclusive, pendant dix ans, au moins, sans interruption, précédant immédiatement le dépôt de candidature de l’intéressé.