L’Institut technique des grandes cultures (ITGC) a organisé, hier, dans la salle de conférences de la wilaya de Tipasa, un séminaire régional-centre sur les grandes cultures, dans le prolongement des deux autres rencontres tenues, respectivement le 5 mars à Constantine pour la région Est et le 20 mars à Sidi Bel Abbès pour la région Ouest.

A travers ses rencontres, les responsables de l’institut ont pour but de faire le bilan de la stratégie adoptée jusque-là en matière de grandes cultures et d’avoir un retour d’écoute des partenaires et le point de vue des entreprises publiques, privées et des opérateurs économiques et ce, dans une perspective de réduction de la facture des importations et de réalisation de l’autosuffisance alimentaire.
« Le développement des grandes cultures avec les contraintes et les perspectives » sera l’un des thèmes phares de cette troisième rencontre régionale de l’ITGC qui aura lieu en présence des cadres des directions de wilaya des services agricoles des wilayas du centre du pays ainsi que des représentants des chambres d’agriculture et des agriculteurs eux-mêmes.
Selon un communiqué des organisateurs du séminaire régional, au menu de cette rencontre de Tipasa des communications suivies de débats seront présentées portant sur «L’ITGC 2019 : entre acquis et perspectives», «Les ressources naturelles et les potentialités des zones d’adaptation des grandes cultures», «La production des semences et gammes variétales» et «La conduite des grandes cultures dans les zones centre du pays» ainsi que sur «les contraintes, alternatives et perspectives ». Selon les responsables de l’ITGC, l’objectif de cette journée est de faire connaître les travaux réalisés par l’institut technique des grandes cultures au niveau régional, depuis sa création en 1974, notamment en matière de création variétale car il est le seul établissement à l’échelle nationale et maghrébine à faire de la production de la semence de base et de pré-base.
Les cadres de l’institut sont déployés à travers 9 stations régionales réparties sur 36 wilayas du Nord du pays pour l’accompagnement des programmes de développement des grandes cultures avec des résultats notables en milieu producteur, en matière d’amélioration des techniques de production et d’utilisation de variétés performantes.
350 fellahs répartis entre fermes-pilotes, EAC et EAI sont touchés par les actions de l’Institut soit entre 9 000 et 11 000 ha qui produisent des variétés autour de 200 000 à 250 000 quintaux par an. Ainsi, pas moins de 125 variétés ont été sélectionnées avec la collaboration de partenaires internationaux, dont 61 sont en production et des rendements de pointe dépassant les 80 q/ha ont été enregistrés en milieu producteur. Sur les 173 variétés inscrites au registre national, l’institut a participé à la sélection de 104 d’entre elles. Depuis 2011 à ce jour, 23 variétés de céréales ont été homologuées, dont 11 variétés de blé dur, 10 de blé tendre et 2 d’orge, dont 16 ont atteint le stade de la multiplication. D’autres sont en cours d’homologation, selon les organisateurs de la journée.
Cette rencontre arrive à point nommé pour prodiguer des conseils aux fellahs pour améliorer les travaux du sol.
3 millions d’hectares de superficies céréalières du pays sont cultivés dont 1 700 ha à Tipasa qui a enregistré une baisse de 300 ha cette année selon les responsables de la Chambre de l’agriculture de la wilaya. Le retard dans l’arrivée des pluies et la distribution tardive du quota de 2 millions de m3 accordés à la wilaya de Tipasa par l’Onid seront probablement débattus lors de la rencontre-même si tous les moyens de réussite de la campagne ont été mis à la disposition des agriculteurs, qu’il s’agisse de semences, d’engrais de fond, de pesticides ou de matériels aratoires, selon les responsables du secteur
Parmi les autres problèmes entravant l’essor du secteur céréalier, les cadres du secteur évoquent, en plus du déficit en eau, la persistance du phénomène de la jachère, utilisée par les agriculteurs pour laisser la terre se reposer sans oublier la faiblesse des crédits pour les petites exploitations pour moderniser leurs moyens techniques. Depuis 1994, selon les responsables de l’institut, toutes les semences à haut rendement, utilisées par les céréaliers en Algérie, sont produites localement, ce qui a permis de faire l’économie de 200 millions de dollars/an. n