Par AZIZ LATRECHE
Des dizaines de membres du comité centrale (CC) du Front de libération nationale (FLN) ont tenté, hier, d’accéder au siège du parti, à Hydra (Alger), pour tenir une réunion de cette instance et élire un nouveau secrétaire général à la place du coordinateur général actuel Mouad Bouchareb, qui reste à leurs yeux un dirigeant «illégitime».
Hier, vers 10h, des dizaines de membres du comité central du parti, qui en compte globalement 504, ont commencé à se rassembler devant le siège du parti, parmi eux Ahmed Boumehdi, considéré par les contestataires de Bouchareb comme le seul habilité à convoquer une réunion du comité central par le fait qu’il est le membre le plus âgé de l’ancien bureau politique, comme le stipulent les statuts du parti. Leurs efforts ont néanmoins échoué : tous les accès ont été fermés et le siège du parti avait l’air vide.
Tous les membres du CC interrogés nous ont affirmé unanimement que «c’était voulu», expliquant que «les responsables du parti ont libéré exprès tous les fonctionnaires du siège du parti pour limiter les mouvements et mettre les contestataires dans l’impasse».
De son côté, Ahmed Boumehdi nous a affirmé que l’objectif de ce rassemblement «était de tenir une réunion du comité central du parti et d’élire un nouveau secrétaire général à travers un suffrage secret, selon les statuts du parti».
Il a ajouté que dans le cas où il y a une vacance de ce poste, il «n’est même pas obligatoire que les deux-tiers des membres soient présents pour la tenue de la réunion», martelant que «Bouchareb, pour nous, est illégitime». Mouad Bouchareb, le coordinateur général du FLN, a été désigné il y a quelques mois à la tête du parti après la démission du précédent secrétaire général, Djamel Ould Abbès, en novembre dernier.
Dans les propos qu’a tenus un autre membre du comité central, Mustapha Maâzouzi, on saisit bien ce que reprochent les cadres contestataires à Mouad Bouchareb.
«L’article 36 du statut qui régit le fonctionnement du parti stipule que c’est le plus âgé des membres du bureau politique qui doit convoquer une réunion du comité central du parti pour élire un nouveau secrétaire général en cas de vacance de ce poste et ce, dans un délai de 30 jours», a-t-il rappelé.
Pour lui, «les partisans de Bouchareb ont fermé l’accès au siège parce qu’ils ont peur et parce que ce qu’a fait Bouchareb était illégal».
Pour sa part, Djihad Berrached, membre du comité central du FLN, nous a affirmé «avoir été surpris de voir Bouchareb prendre les commandes du parti après le départ de Ould Abbès alors que les statuts stipulent que c’est le plus âgé des membres du bureau politique qui est désigné pour l’intérim».
«Il faut signaler aussi que Bouchareb n’était même pas un cadre dirigeant du parti lors de sa désignation. Les déclarations qu’il a tenues contre le mouvement populaire nous ont poussés à accélérer notre initiative qui vise à élire un nouveau secrétaire général.»
«Bien que nous n’ayant pas pu le faire aujourd’hui, nous comptons tenir notre réunion du comité central, probablement les 25 et 26 avril», promet encore M. Berrachad.
Il est à signaler qu’aucun incident ne s’est produit lors de cet évènement, alors qu’il a été remarqué une forte présence des forces de la Sûreté nationale devant le siège du parti. n