L’exposition intitulée « Bahaz Khouya Gnaoui Blidi, histoire d’une complicité », ouverte depuis le 6 avril dernier à la galerie Espaco en croisant les expériences du plasticien Denis Martinez et du maître de la musique diwan Mohammed Bahaz, proposera au public, demain jeudi, la tenue d’une conférence animée par l’artiste Denis Martinez. Une rencontre qui devrait mettre en avant et faire connaître le parcours et l’œuvre du Mâalem Mohamed Bahaz.

En effet, ce rendez-vous pictural haut en son et couleurs est dédié au travail de deux artistes issus de la génération des « pionniers », des personnages emblématiques dans leurs modes d’expression ayant tous deux participé au renouveau de la culture algérienne au lendemain de l’Indépendance.
Le programme de l’exposition propose, également, le samedi 13 avril prochain, une performance intitulée « Quand un gnawi rencontre ayred», l’occasion d’une lecture de texte par l’artiste Denis Martinez, accompagné de deux joueurs de goumbri ainsi que d’une « mise en couleur » par la présentation d’une œuvre «scénique carnavalesque» d’origine berbère.
Le premier rendez-vous, ouvert au public ce jeudi à partir de 18 heures, reviendra ainsi sur le parcours de Mohamed Bahaz, né en 1942 dans la région de Blida. Un artiste que les organisateurs de l’exposition présentent comme la «mémoire vivante » des zaouiyat gnawa perdues, des traditions remontant à ses ancêtres, au « chemin abrupt des esclaves » de l’ancien Soudan aux limites du Maghreb, en ce sens l’artiste est l’auteur d’une œuvre ancrée dans « les racines les plus profondes de gnawas de Sidi B’lal ».
Le débat abordera notamment les participations de Mohamed Bahaz aux éditions du festival « Racont’Art » qui fut notamment créé par son ami Denis Martinez et sera également l’occasion, expliquent les organisateurs, de revenir sur la formation des nouvelles générations d’artistes de musique diwan. Le Mâalem, explique-t-on, «a formé toute une génération de musiciens aux chants, aux danses, à la pratique des instruments à la lumière de tout un rituel original issu de ce pan immense et incontournable de la culture algérienne». Quant à l’exposition, imaginée sous la supervision du plasticien, écrivain et critique d’art Djaoudet Guessouma, ce dernier explique entre autres que «Bahaz Khouya Gnaoui Blidi, n’est pas une simple exposition de peintures, d’œuvres numériques à tirage unique, ou de performances, avec des communications ».
Ainsi, l’exposition se concentre sur la mise en avant d’affiches avec des couplets du diwan, ainsi que des portraits de Mohammed Bahaz intitulée « Bahaz Fi place E’toute » ou encore de vieilles photographies de l’artiste datées des années 1960 et retravaillées par Denis Martinez.
Au centre de l’exposition, les visiteurs pourront découvrir l’œuvre baptisée « Ganga Dendoune Tbel » (renvoyant aux différentes appellations du tambour), composée de plusieurs tambours empilés et décorés par l’artiste et d’une pluie de sculptures verticales en bois accrochées au plafond. D’autres œuvres sont à découvrir à l’instar de celles baptisées «Agitation verticale » et « Bahaz énergie danse» composée de vingt et un petits formats tous réalisés au charbon de bois sur toile et papier tel une expression allégorique de l’énergie dégagée par le mâallem en mouvement. Les amateurs de musique gnawie pourront aussi savourer des instantané de plénitude dans un espace délimité par des voilages dans lesquels résonne un fond sonore enregistré par le mâallem.
L’exposition qui se poursuit ainsi jusqu’au 4 mai est également dédiée à la culture algérienne, aux instruments de musique traditionnelle mais aussi aux traditions berbères, ces dernières étant très pressentes avec entre autres des toiles de grands formats portant des symboles berbères, de traits et de points… des signatures connues de Denis Martinez. n