L’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (Aprue) a maintes fois averti que la consommation électrique des foyers algériens était de plus en plus excessive. Une problématique à laquelle il faudra vite trouver une solution, car au rythme actuel les capacités de production ne vont plus pouvoir répondre à la demande des besoins du pays. Pour l’heure, et devant une telle situation, l’idée d’aller au plus vite vers une rationalisation de l’énergie électrique au niveau national semble la plus appropriée. C’est d’ailleurs ce que soutient le nouveau ministre de l’Energie et ex-P-DG du groupe public Sonelgaz Mohamed Arkab. Ce dernier, lors d’une déclaration à la presse, en marge de l’inauguration du Forum sur les énergies qui s’est tenu lundi dernier, a indiqué qu’il était nécessaire « de ne plus compter exclusivement sur la transformation de l’énergie du gaz naturel (99% actuellement) pour répondre à la demande de consommation sans cesse croissante ». Précisant sur ce dernier point que « la consommation dépasse dans les périodes de pointe 14 000 mégawatts. Une production largement supérieure aux besoins d’un pays tel que l’Algérie. Et d’estimer que « le recours aux énergies renouvelables est devenu incontournable, voire impératif ». Dans ce contexte, la solution la plus idoine étant « l’énergie solaire », a estimé le ministre. Expliquant que « plus de 1200 mégawatts (issus du gasoil et du gaz naturel) étaient produits dans les régions sud du pays », c’est pourquoi « cette situation ne peut plus durer », a-t-il lâché.
Devant un tel constat, le ministre juge que la méthode la plus efficace pour diminuer la consommation électrique « consiste dans un premier temps à préserver l’énergie dite conventionnelle par son renforcement avec les énergies renouvelables si l’on veut réduire l’utilisation continue du gasoil et du gaz naturel ». Toujours dans ce même ordre d’idées, Arkab a mis l’accent sur la nécessité de créer de la concurrence entre l’énergie conventionnelle et les énergies renouvelables par le recours, notamment, à des prix étudiés « permettant de mettre en place davantage de stations d’énergie solaire dans le Grand-Sud qui en compte le plus grand nombre », a-t-il relevé. Dans cette optique, il a informé qu’un travail est en cours pour développer le réseau d’interconnexion électrique (18 000 mégawatts produits actuellement) non sans appuyer sur l’intérêt de la mise en œuvre d’une telle stratégie, « seule à même de permettre de réduire la consommation du gaz naturel ». Pour le ministre, la mise en place d’une telle stratégie à grande échelle « pourrait réduire la consommation du gaz naturel à hauteur de 30 % ». Il y a lieu de savoir que dans le cadre de cette stratégie de rationalisation de la consommation de l’énergie électrique plusieurs conventions avaient été signées entre le ministère de l’Energie et les représentants des Assemblées populaires communales (APC) pour financer une opération consistant à la substitution des lampes ordinaires de l’éclairage public par des lampes économiques «LED» (lampe à diode électroluminescente) au profit de 33 communes, répartis sur 29 wilayas. Pour le détail de cette opération, ce sont 10 000 unités d’éclairage public ordinaires qui seront remplacées par des lampes économiques au niveau des collectivités locales à travers une moyenne de 300 appareils d’éclairage public dans chacune de ces 33 communes.
Rappelons, enfin, selon l’Aprue, qu’en moyenne « un foyer algérien consomme entre 1 800 et 2 000 kilowatts-heure/an alors que la norme est de 200 à 250 kilowatts-heure/an. Il consomme aussi le double de la consommation d’un foyer d’autres pays du Maghreb », précise l’Agence. Cette dernière fait ressortir, dans une étude qu’elle a menée sur le terrain, que l’origine de cette consommation excessive est le choix porté par les ménages algériens sur des équipements « énergivores », est-il mentionné dans le rapport. Il est également mentionné que le marché algérien est inondé de climatiseurs et d’autres équipements électriques qui consomment beaucoup d’énergie. « Les gens sont généralement séduits par des équipements bon marché qui se trouvent être des équipements qui consomment le plus d’électricité et qui coûtent donc plus cher à long terme », commentent les auteurs du rapport de l’Aprue. n