Par Rabah Serradj

Il est devenu patent, aujourd’hui, que les Algériens sont partagés sur la voie de sortie d’une crise qui n’a pas encore révélé ses futurs rebondissements. Il est visible que l’après-Bouteflika risque d’être un passage particulièrement périlleux. Un virage déterminant qu’il faudrait bien négocier au risque d’entrer dans l’inconnu.
Au-delà de la volonté d’aller vers une gouvernance plus démocratique cadrant avec les ambitions des Algériens, le clivage reste plus que jamais de mise. Il y a ceux qui estiment que la Constitution actuelle permet une possibilité de dépasser le risque de vide.
Revenir à la légalité avec une élection présidentielle, selon les termes du texte constitutionnel, avec les outils actuels.
Le Président élu aura ensuite loisir, avec une forte légitimité, de changer la Constitution par référendum populaire et d’imposer les transformations pour construire l’Algérie nouvelle. C’est le choix de la sécurité.
D’un autre côté, il y a ceux qui estiment que la Constitution actuelle, tellement malmenée, est dépassée par la crise et qu’il faudrait aller au-delà de ce texte, considéré comme obsolète.
Et qu’il n’est pas question que la transition soit régie sous la même administration frappée de suspicion. Sauf que cette alternative, au-delà de l’aspect théorique, demeure difficile à mettre en pratique. L’extraordinaire mouvement populaire n’arrivant toujours pas à dégager une personnalité, voire plusieurs, qui pourraient parler en son nom et qui pourraient le représenter face à l’institution militaire devenue seule détentrice du pouvoir.
Il est évident que l’absence de partis politiques et autres syndicats solides demeure le plus grand écueil à une évolution positive de la crise politique qui agrippe le pays.
Après la chute de Ben Ali en Tunisie, c’est la société civile et surtout les partis politiques qui ont pris le relais, représentant avec force la volonté populaire dans le processus de changement. C’est ce manque criant en Algérie qui complique une situation de fragilisation extrême. Et c’est dans cette situation d’indécision qu’il faudrait faire son choix.