Par Meriem Kaci
Les appels anonymes lancés à partir des réseaux sociaux n’ont pas été du goût de l’Organisation algérienne pour la protection et l’orientation du consommateur et son environnement (Apoce). La structure présidée par Mustapha Zebdi désapprouve surtout la démarche adoptée par les auteurs des appels pour faire passer leur message. Rappelant que « la Constitution garantit le droit d’observer des grèves ou des sit-in de protestation dans tous les secteurs», l’Apoce exprime néanmoins « des réserves à l’égard des parties qui lancent des appels en préférant rester incognito », dira M. Zebdi. « Je préfère que ces appels proviennent de parties et personnes connues censées prendre en considération les droits du consommateur», ajoutera-t-il, considérant que, de surcroît, «une grève générale de plusieurs jours consécutifs risque de mettre en danger les consommateurs ». L’Apoce se dit même prête à « intervenir en tant qu’association au cas où le consommateur est affecté par la grève à laquelle il a été appelé ». « On rejette tout débrayage qui pourrait aboutir à des débordements ou porter préjudice au citoyen », insiste M. Zebdi. Une position partagée par l’Association nationale des commerçants et artisans (Anca) dont le président, El Hadj Tahar Boulenouar fera remarquer que la grève en cours « n’a pas porté atteinte au consommateur », car, explique-t-il, « les commerçants assurent le service dans tous les espaces commerciaux et les marchés de gros et de détails sont ouverts, alors que les consommateurs s’approvisionnent de façon ordinaire loin de toute perturbation».
La grève générale entamée dimanche à travers le pays devrait s’achever aujourd’hui. Cette opération n’aura, cependant, pas pu atteindre ses objectifs de mobiliser massivement les citoyens, se contentant d’un suivi mitigé dans les secteurs visés, essentiellement les entreprises et administrations publiques, les établissements universitaires et scolaires. Hier, les travailleurs du complexe textile de Draâ Ben Khedda (Tizi Ouzou) ont décidé de rejoindre la grève, tout comme à Béjaïa, ceux de l’Inspection du travail, alors que les employés de la formation professionnelle étaient à leur second jour de débrayage. A Sidi Bel-Abbès, ce sont les trains qui ont été paralysés suite à la grève des travailleurs de la Société nationale de transport ferroviaire, (SNTF), alors qu’à Bouira, Bordj Bou-Arréridj, Béjaïa et Tizi Ouzou, les travailleurs de la Sonelgaz, des collectivités locales et de l’Algérienne des Eaux poursuivaient leur arrêt de travail pour la seconde journée consécutive. Quant aux travailleurs du complexe turc de production d’acier Tosyali, à Oran, ils ont opté pour un sit-in sur leur lieu de travail. Ce mouvement est toutefois inscrit dans le cadre des revendications socioprofessionnelles. n