Connu pour ses « intrusions » dans les textes sacrés à travers ses  différents romans et  chroniques, Amin Zaoui s’est retrouvé à s’expliquer sur ce « positionnement ». « Il faut être provocateur » a-t-il indiqué, avant de préciser que « la provocation doit être assise sur le savoir et la lecture ». C’était lors de la rencontre organisée à la librairie « L’arbre à dires » à Alger, samedi dernier.

L’auteur était unvité à débattre de son dernier roman (en langue française) paru chez les éditions « Barzakh », « L’enfant de l’œuf ».      

Modéré par l’universitaire Afifa Bererhi, le débat, qui s’est déroulé devant un public essentiellement féminin, a été une occasion d’évoquer plusieurs thèmes, déjà abordés dans les différents ouvrages de l’auteur . L’écrivain s’est fait plaisir (comme à son habitude) d’étaler son « savoir », en racontant ses nombreuses lectures réalisées en amont, avant de « pondre » un roman.  Une manière pour lui de se donner le « droit » de titiller ses lecteurs. Une occasion pour Amin Zaoui,  de lancer également plusieurs « flèches ». Fidèle à son profil d’auteur de critiques (souvent acerbes d’ailleurs) des textes sacrés, il s’est penché sur « la bibliothèque arabo-musulmane » qu’il considère comme « répétitive ». Avec le temps, selon Amin Zaoui, les textes religieux se sont retrouvés basés que sur le « copier », qui est « devenu plus important que l’interprétation ou la lecture ».

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Toutefois, cette rencontre n’était pas dédiée uniquement à son « combat » contre l’intégrisme et les gardiens de la citadelle du sacré. Son roman « L’enfant de l’œuf » a été longuement débattu. Amin Zaoui s’est ainsi retrouvé à aborder le contenu en lançant un véritable hymne aux…chiens. Il expliquera que son roman a été écrit « pour faire le deuil ». Celui de son chien « avec qui j’ai vécu durant 13 ans » et à qui il a voulu rendre hommage dans un texte qui visiblement n’était pas au « goût  » de tout le monde. Devant les critiques (certes enjolivées) de la modératrice Afifa Bererhi et de quelques intervenantes, lectrices « pointilleuses » de ses œuvres, il rétorquera que son roman « était le plus classique pour moi » et que c’était une œuvre de « littérature cinématographique ». Voulant convaincre les présents, il s’est « défendu » par l’argument qu’il aime souvent brandir,  celui des lectures qui ont inspiré l’écriture du roman. Il évoquera ainsi le roman « Tombouctou » comme référence, tout en se retrouvant dans l’incapacité de se rappeler l’auteur (qui n’est autre que l’américain Paul Auster).  

En plus des textes sacrés et de son roman, un autre « aspect », souvent cité lors de ses interventions, a été abordé lors de cette conférence. Il s’agissait de cette « capacité » d’écrire dans les deux langues, l’arabe et le français. Une autre occasion pour lui de se « distinguer ». Tout en affirmant qu’ « il n’y a pas de langue plus belle qu’une autre », l’écrivain ne s’empêchera d’ajouter que la langue du « dâd » était bien plus prospère lorsqu’elle était représentée par les arabes chrétiens « mais depuis qu’elle a été prise en charge par Al Azhar tout a basculé ». Provocateur il l’est, et pas uniquement envers les textes sacrés…