Par AZIZ LATRECHE
Les députés de l’Alliance islamiste (l’Union-Nahda-Adala-Bina) ne participeront pas, aujourd’hui, à la séance du Parlement convoquée pour valider le constat de vacance du poste de président de la République. Le conglomérat de formations islamistes compte 14 députés. Intervenant en marge de la conférence de presse, animée hier par le chef du Front de la justice et le développement (FJD), Abdallah Djaballah, le chef du groupement parlementaire de cette alliance Lakhdar Benkhellaf a déclaré que les députés de cette union «ne participeront pas aujourd’hui à la réunion prévue par les deux Chambres du Parlement pour acter la vacance du pouvoir après la démission du président Bouteflika.
Le même responsable s’est montré, par la même occasion, très critique envers les médias. «Nous n’approuvons pas aussi la façon des médias qui montrent cette réunion comme étant décisive alors qu’elle est purement protocolaire», a fulminé M. Benkhellaf. Le chef du FJD a préféré, quant à lui, dans son oral devant les journalistes, évoquer le rôle de l’institution militaire dans la conjoncture politique actuelle, marquée notamment par un mouvement populaire qui a fait monter ses exigences et la démission du président de la République.
Pour M. Djaballah, l’institution militaire «doit au plus vite prendre l’initiative d’installer un présidium qui aura pour mission d’organiser l’élection présidentielle libre dans une durée de six mois ». Il a expliqué que cette instance devrait être composée de 3 à 5 personnalités qui « n’ont pas eu de responsabilités durant la période Bouteflika», n’écartant pas la possibilité de confier cette mission à une seule personnalité. « Cela peut se discuter», notera-t-il, tout en insistant sur le fait que cette transition « doit se dérouler sans les quatre B, qui sont Bensalah, Bedoui, Belaïz et Bouchareb.
Djaballah, par ailleurs membre du groupe de partis de l’opposition sous l’appellation des «Forces de changement pour le triomphe du choix populaire», a souligné que «si l’on incombe à l’institution militaire une telle mission, cela ne veut pas dire qu’elle va superviser le travail de cette instance. Néanmoins, elle pourra avoir un représentant au sein de cette instance à condition que ce soit un civil». « Nous avons des noms pour une telle mission.
Nous pouvons les communiquer si on nous le demande», a ajouté le chef du FJD, selon qui « cette procédure peut se faire dans le cadre d’un dialogue avec l’ensemble de la classe politique ». Sur la durée de la période de transition, M. Djaballah a évoqué l’impératif qu’elle ne soit pas longue pour « empêcher tout détournement des revendications du mouvement populaire ».
C’est à cette instance qu’incombera « la mission de former un gouvernement de compétences, traiter les lacunes qui distinguent la loi électorale actuelle ainsi que l’instauration d’une commission indépendante qui se chargera des prochaines élections », a-t-il plaidé. Pour le chef du FJD, « si ce présidium décide d’organiser d’abord une élection présidentielle avant les législatives, à ce moment-là il devra procéder à des modifications de la Constitution de façon à garantir plus d’équilibres entre les différents pouvoirs ».n