Par Aghilas Sadi
Les actions de protestation se sont poursuivies durant la journée d’hier dans les différentes localités du pays. Les appels à la grève de trois jours, lancés par la Confédération syndicale des forces productive (CSFP) qui regroupe 4 syndicats, ont connu un suivi mitigé à l’exception des wilayas de Tizi Ouzou, Béjaïa, Bouira, Boumerdès et Bordj Bou-Arréridj. Dans ces quatre wilayas, la grève a été largement suivie par les travailleurs de la Sonelagz, l’Algérienne des eaux, les collectivités locales, les œuvres sociales universitaires, des bureaux d’Algérie Poste, les banques et les assurances publiques et autres.
Selon un communiqué de la CSFP, le taux de suivi de la grève dans ces wilayas a atteint les 85%.
Par contre, à l’ouest ainsi que dans la capitale, le taux de suivi de la grève en ce premier jour a connu un taux de suivi faible, ne dépassant pas 20%. La confédération s’attend à une amélioration de ce taux de suivi aujourd’hui et demain.
Pour le CSFP, les pressions et les intimidations de certains responsables ont fait peur aux travailleurs. Elle accuse également des sections de l’UGTA d’avoir mené une campagne contre cette grève qui a pour but de rejeter le gouvernement de Noureddine Bedoui ainsi que les solutions constitutionnelles de sortie de crise proposées par le pouvoir, notamment la désignation du président du Conseil de la nation Abdelkader Bensalah à la tête de l’Etat en attendant l’organisation de l’élection présidentielle. Toujours durant la journée d’hier, des éléments de la Protection civile ont organisé deux marches pour apporter leur soutien au soulèvement populaire.
Une dans la ville de Skikda et l’autre à Tamanrasset. A Skikda, ils étaient une cinquantaine à marcher dans les rues du centre-ville pour exiger le départ du tout le système. Dans la capitale, la visite d’inspection du ministre des Travaux publics et des Transports, Mustapha Kouraba, au chantier de creusement d’un tunnel reliant les stations de Aïn Naâdja à Baraki (Alger), a été annulée, hier, pour cause de rassemblement de dizaines de manifestants devant le chantier, afin d’exprimer leur rejet
« du gouvernement actuel ». Toujours à Alger, un groupe d’activistes a tenu hier vers 17h un rassemblement pour dénoncer l’interdiction de deux manifestations à Alger et l’arrestation de leurs initiateurs par les services de sécurité.
Les protestataires ont décidé de refaire leur action chaque jour à la même heure. En dépit des fortes pluies qui se sont abattues, les manifestants ont continué à scander quelques slogans du mouvement populaire, lancé le vendredi 22 février dernier, notamment « gouvernement dégage » et « le gouvernement ne représente pas le peuple », ce qui a mené à l’annulation de cette activité ministérielle à la dernière minute, indique l’APS.
A Béjaïa, des employés de l’OPGI et de la direction des travaux publics ont tenu deux rassemblements devant les sièges de leurs directions pour marquer leur solidarité avec le mouvement populaire et dire non à la désignation d’Abdelkader Bensalah à la tête de l’Etat. Dans la ville de Tizi Ouzou, des sources locales indiquent que des fonctionnaires de la direction du logement ont marché pour exiger le départ du système en place. La wilaya de Bordj Bou Arréridj n’a pas été en reste de la protestation. Des étudiants soutenus par leurs enseignants et quelques employés du secteur de l’enseignement supérieur ont organisé une marche depuis l’université vers le centre-ville pour demander le départ du système et la démission du gouvernement de Noureddine Bedoui. A Sidi Bel Abbès, ce sont les travailleurs des communes ayant des contrats de travail pré-emploi et filet social qui ont tenu un rassemblement pour réclamer le règlement de leur situation sociale jugée « précaire ». Dans la commune de Cherchell, dans la wilaya de Khenchela, des activistes ont érigé des murs pour fermer les accès au siège de l’APC afin de pousser le P/APC de la ville à la démission. Les photos d’activistes en train de construire des murs ont fait le tour des réseaux sociaux.
A Bouira, des travailleurs de plusieurs secteurs ont marché dans les rues de la ville pour revendiquer le départ de toutes les figures du régime et le passage à une 2e République. En plus de la marche, la plupart des services publics de la ville ont fermé leurs portes durant la journée d’hier. Nous avons appris également que des étudiants de l’université de Tlemcen ont observé un arrêt des cours pour les mêmes raisons déjà citées.<