Selon lui, l’ONU et les pays occidentaux ont pris contact avec les deux camps rivaux pour éviter un embrasement, mais le «succès est mitigé» jusqu’ici. Ces violences interviennent avant une Conférence nationale, sous l’égide de l’ONU, prévue mi-avril à Ghadamès (sud-ouest), censée dresser une «feuille de route» avec la tenue d’élections. L’émissaire de l’ONU pour la Libye Ghassan Salamé a assuré, samedi, que cette conférence était maintenue «à la date prévue», du 14 au 16 avril, sauf en cas de «circonstances majeures». M. Sarraj a accusé le maréchal Haftar d’être «animé par des intérêts personnels» et d’oeuvrer à «saper le processus politique» pour «plonger le pays dans un cycle de violence et de guerre destructrice».
Les deux hommes avaient conclu, fin février à Abou Dhabi, un accord pour former un gouvernement unifié et portant sur l’organisation d’élections avant la fin de l’année. Le Premier ministre du GNA a estimé que son rival avait «trahi l’accord» et «tenté de le poignarder dans le dos». Pays riche en pétrole, la Libye est déchirée depuis la chute de Mouammar Kadhafi, en 2011, par de multiples conflits internes, mais l’offensive lancée jeudi dernier par les forces du maréchal Haftar, pour prendre Tripoli, marque une nette dégradation entre les deux autorités se disputant le pouvoir.
Les forces de Khalifa Haftar sont loyales à une autorité basée dans l’est du pays, qui s’oppose au gouvernement d’union nationale (GNA), installé à Tripoli (ouest) et reconnu par la communauté internationale. Après une pause nocturne, les combats ont repris dès hier matin au sud de la capitale, en particulier à Wadi Rabi, et dans le périmètre de l’aéroport international de Tripoli, à une trentaine de kilomètres de la ville, une infrastructure inutilisée depuis sa destruction par des combats en 2014.<