Des centaines de jeunes ont bloqué dans la journée de ce lundi les quatre postes de garde du complexe sidérurgique d’El-Hadjar pour dénoncer ce qu’ils ont qualifié de «pratiques illégales» par rapport au recrutement de la main d’œuvre au niveau du plus important pôle industriel de la région.

Pour tenter de calmer les esprits et absorber le Hirak populaire qui bat son plein, le wali d’Annaba, Toufik Mezhoud a décidé d’annoncer l’ouverture de 600 postes d’emploi au niveau du fleuron de l’industrie qu’est le complexe de Sider El-Hadjar. Le chef de l’exécutif local a même instruit les différents acteurs chargés du recrutement de jouer la carte de la transparence en ces temps sensibles où le peuple est courtisé par les différents responsables. Mais l’option de la transparence s’est avéré être une arme à double tranchant. Une première tranche de 180 postes à pourvoir a été lancée. Un liste de près de 500 candidats a été préparée par le bureau de main d’œuvre (agence de la Plaine Ouest). Cette liste a été envoyée à l’ensemble des candidats. «En allant au rendez-vous nous avons été empêché d’accéder au complexe», nous affirma l’un des protestataires qui ajouta «nous avons par la suite, eu une information selon laquelle 20 personnes qui ne figuraient pas sur la liste des candidats ont été recrutés par piston et copinage».

Il n’en fallait pas plus pour mettre le feu poudrière. Près de 300 personnes ont, ainsi bloqué l’ensemble des accès au complexe, empêchant aussi bien les employés d’y accéder que d’y sortir. Ceux qui avaient fini leur travail à 13h00 ont du attendre jusqu’à 18h00 pour quitter le complexe. Par ailleurs, une vingtaine de ces jeunes ont réussi à pénétrer à l’intérieur du complexe. Quatre d’entre-eux sont monté sur le château d’eau près du haut fourneau 2 et ont menacé de se suicider. Vers, 18h00 l’accès de Sidi-Amar a été libéré grâce à l’intervention des gendarmes, alors que les trois autres postes de garde restent otage des manifestants.

D’après Chamseddine Maatallah, PDG de Sider El-Hadjar, la faute incombe au bureau de main d’œuvre de Annaba. Ce dernier aurait annoncé la disponibilité de 800 postes d’emploi, alors que le complexe aurait formulé un besoin de 180 travailleurs uniquement. Le blocage des accès a nécessité, selon le PDG, l’arrêt de plusieurs unités de production, dont le haut fourneau 2, cœur battant du complexe. Cet arrêt infligera un manque à gagner de 10,5 milliards de centimes à un complexe qui frôle déjà la faillite.