Par Wafia Sifouane
Après six semaines de mobilisation, couronnées par la démission du président de la République, le mouvement populaire ne faiblit pas. Ayant gagné en assurance, il reprend de plus belle et réclame, aujourd’hui, le départ de l’ensemble des acteurs du système. Après être sortis dans les rues mardi soir pour fêter le départ du Président, les citoyens sont revenus à la charge dès le lendemain (hier) en occupant l’espace public. A Alger-Centre, ils étaient nombreux à manifester en réclamant le départ du système.
Considérant avoir gagné seulement une bataille, les manifestants ont scandé de nombreux slogans exigeant l’application immédiate des articles 7 et 8 de la Constitution. Les jeunes entrepreneurs bénéficiaires des programmes Ansej, Angem et Cnac se sont aussi fait entendre, hier, en organisant un rassemblement au niveau de la Grande-Poste à Alger. Venus à l’appel de leur coordination, ils ont exprimé leur colère quant à leur situation, tout en affirmant leur soutien indéfectible au mouvement populaire contre le régime. Outre les jeunes entrepreneurs, il y avait aussi la présence des membres de la Coordination nationale des retraités, blessés et radiés de l’ANP qui scandaient «Gaïd Salah dégage».
Au milieu de la foule, on a pu voir un manifestant portant les fameux articles de presse parlant des faux moudjahidine.
Les familles des jeunes harraga, présentes également sur les lieux, exigent la vérité sur le sort de leurs parents disparus. Aux alentours de midi, le militant Karim Tabbou a pris la parole face à une foule nombreuse pour demander non seulement le départ du système, mais aussi le jugement des personnes responsables de la crise que connaît le pays. «Il faut que justice soit faite et que chacun d’entre eux soit jugé devant le peuple», a-t-il dit. Aujourd’hui, après avoir franchi une première étape, le mouvement populaire semble plus que jamais déterminé à poursuivre sa lancée pour un changement radical. Face aux réactions des différents acteurs de la société civile et autres militants, la mobilisation ne semble pas faiblir pour ce vendredi. Les appels à sortir en masse se multiplient sur les réseaux sociaux.
Réseaux sociaux, le pouls du mouvement populaire
Acteurs majeurs du mouvement populaire enclenché le 22 février, les réseaux sociaux sont devenus le meilleur moyen de prendre le pouls du mouvement malgré les innombrables fake news qui y ont circulé et circulent encore. A l’ère du numérique, les Algériens, qui ont démontré qu’ils étaient à des années lumières de leur gouvernement en matière de recours aux technologies de l’information, ont fait de Facebook et Tweeter leurs premières sources d’information mais aussi un véritable défouloir.
Au lendemain de chaque grande annonce faite par le gouvernement, qui tente de calmer la rue, ce sont les réseaux sociaux qui ont montré la couleur de la réaction des citoyens. Après avoir dit haut et fort non au 5e mandat et eu gain de cause, les manifestants ont appelé au départ du système pour un changement radical.
Lors de l’annonce de la formation d’un nouveau gouvernement, c’est sur les réseaux sociaux que les citoyens ont fait part de leur rejet. Après la démission du président Abdelaziz Bouteflika, qui a été perçue comme une première victoire du mouvement populaire, qui voit désormais grand, c’est aussi sur les réseaux que les Algériens ont annoncé leurs prochaines revendications auxquelles, outre l’application des articles 7 et 8 de la Constitution, s’ajoute le départ de tout le système.<