Le directeur régional (DRF) est introuvable. Il n’a pas donné signe de vie depuis le déclenchement de la grève. C’est que les travailleurs de la section train de la Société nationale des transports ferroviaires à Constantine (SNTF) en grève illimitée depuis hier ont paralysé complètement l’activité ferroviaire au niveau des trois gares, Constantine, El Khroub et Sidi Mabrouk, et le premier responsable n’a pas donné écho aux nombreuses demandes d’audience de la section syndicale. « Nous réclamons le départ du directeur régional (DRF) et la prise en charge de nos revendications socioprofessionnelles exprimées lors des trois dernières années ».
Lundi matin, les protestataires se sont réunis devant le siège de la direction, estimant que « pour la pérennité de l’entreprise, le DR doit partir ». La raison de la protesta revient aux conditions de travail déplorables, que dénoncent la totalité des travailleurs à travers leurs représentants syndicaux. Les quelque 8 mille « cheminots » ont aussi dénoncé le peu de considération dont ils font l’objet de la part du premier responsable. « Nous sommes au même point que lors de notre grève du mois de février passé, nous dira un représentant des travailleurs, car en plus de la mauvaise gestion dénoncée même par les cadres de l’entreprise, nos revendications ont été complètement ignorées, et aujourd’hui, à cause de la sourde oreille du premier responsable, nous sommes revenu à la case départ, et ces mêmes requêtes ont aussi reçu une réponse des plus négative de la part de l’inspection du travail même ». Nos interlocuteurs ont dénoncé aussi une situation « catastrophique » de la boîte qui va vers une déliquescence programmée. « Des clients que nous avons mis des années à fidéliser sont en train d’aller voir ailleurs, vu que nous ne pouvons pas leur assurer une qualité idoine, qui était notre marque de fabrique », souligneront encore nos interlocuteurs.
Les dénonciations ne s’arrêteront pas à ce niveau, mais toucheront aussi « le licenciement abusif du directeur régional du département infrastructures, alors que celui responsable de la clientèle a été réhabilité ». On nous assurera sur place que ce dernier a été condamné déjà en 2013, et que, surprise, il est de retour comme si de rien n’était.
D’autres revendications sont aussi brandies comme la réhabilitation des dortoirs, la titularisation des employés recrutés dans le cadre du CTA, pourvoir les travailleurs en torches, notamment ceux des quais, revoir la classification pour certains agents et assurer le transport de tous les travailleurs. Les protestataires entendent aussi déclencher une commission d’enquête qui planchera sur « les dépassements et la gestion de la direction ». Nous avons contacté plusieurs cadres de l’entreprise qui nous ont tous confirmé l’état de dégradation des chiffres de la direction régionale des transports ferroviaires. Ils dénonceront aussi la fuite en avant du premier responsable qui ne s’est jamais assis à la table des négociations. Un premier responsable que nous avons voulu joindre, à l’instar de plusieurs confrères, mais qui a préféré rester invisible, comme il l’est pour les travailleurs depuis trois années.