Le foncier, principalement les poches vides situées dans les centres urbains, depuis le début du hirak, fait l’objet d’un partage qui ne dit pas son nom entre des élus, leurs familles, des prête-noms, des pseudos investisseurs et des hommes d’affaires.

de MILA, Zaoui Abderaouf
Dans pratiquement toutes les agglomérations, des opportunistes ayant leur entrée dans les bureaux des responsables ont sauté sur l’occasion pour s’approprier les poches vides, les espaces verts, les parcs ou des lots de terrain encore vierges. Ferdjioua, Redjas, Grarem-Gouga, Tadjenanet, Chelghoum Laïd sont les localités les plus touchées, ces derniers temps, par le phénomène de la mainmise sur le foncier. La majorité des terrains vides existant sur le territoire de la wilaya ont fait l’objet d’attribution ; les édiles le confirment et accusent la wilaya d’avoir agi sans demander leur avis. Les barons du foncier, des bras longs et des opportunistes de tout bord se sont partagé le gâteau usant de tous les moyens possibles et imaginables pour atteindre leur objectif. Les citoyens ayant ouï dire de l’octroi de ces espaces vides à des hommes d’affaires ne sont pas restés les bras croisés et ont aussitôt organisé des sit-in devant les sièges des APC et des daïras pour demander des comptes aux responsables. Ces derniers, en réponse aux questionnements des citoyens, ont avoué leur ignorance des faits et qu’aucune décision concernant ces attributions n’a atterri sur leur bureaux. Les réseaux sociaux ne cessent de divulguer des informations sur l’accaparement de lots de terrain à travers toutes les communes de la wilaya ce qui, de facto, a engendré une véritable psychose au sein des populations. Partout où il y a eu vent d’affectation de terrains, les citoyens se sont rassemblés pour demander des explications aux P/APC. C’est dire que les citoyens veillent au grain sur les richesses de leurs communes et ne veulent plus se faire avoir par les hommes d’affaires qui se sont enrichis sur le dos de l’Etat. Des poches vides très bien situées à Redjas et dans plusieurs quartiers de Ferdjioua et initialement destinés à accueillir une école, des aires de jeux et une mosquée, une forêt à Chelghoum Laïd, à Grarem-Gouga et à Tadjenanet ont fait l’objet d’attribution sans pour autant que des décisions écrites n’aient atterries sur les bureaux des P/APC. Ces derniers promettent de ne pas délivrer de permis de construire aux éventuels bénéficiaires. Les citoyens accusent les responsables de vouloir tout brader avant l’avènement de la «deuxième République». Demander des informations aux responsables par les temps qui courent, c’est s’entendre dire «je ne sais rien, je ne suis pas au courant, allez du côté de la wilaya…».
Les P/APC de Ferdjioua et Tadjenent ont organisé des rencontres avec les citoyens et ont dit tout ignorer de tout ce qui trame et se manigance dans les bureaux de la wilaya concernant l’attribution des poches vides et autres lots de terrain. Aux dernières nouvelles, une note émanant de haut lieu annule toutes les décisions d’attribution récemment prises par les responsables. n