Nommé à la tête du secteur de la culture, en mai 2015, en remplacement de Nadia Labidi,
le mandat ministériel de Azzedine Mihoubi, remplacé hier par Meriem Merdaci, a donc pris fin après trois ans, dix mois et dix-sept jours. Un mandat, relativement long, et dont les grandes lignes auront été la gestion des contraintes budgétaires et une volonté de reformer
le fonctionnement de l’activité culturelle.

Cependant, au terme de son mandat, les résultats sont mitigés. Des projets toujours en cours – visant à la fusion de structures du ministère, des polémiques récurrentes, mais aussi des prises de position en faveur des différentes dimensions de la culture nationale et de son patrimoine, à l’instar de sa réaction face à la dégradation de la statue d’Aïn Fouara à Sétif.
Journaliste, romancier, scénariste… Azzedine Mihoubi, dont la carrière à des postes de responsabilité politique avait débuté dès 1996, nommé chef de l’information à la Télévision nationale, avant de devenir dix ans plus tard directeur de la Radio algérienne, était nommé en 2015 ministre de la Culture à la demande du gouvernement, dirigé à l’époque par Abdelmalek Sellal.
Un gouvernement né, pour rappel, d’un contexte marqué par la chute importante des revenus de l’Etat. En ce sens, l’une des premières sorties publiques d’Azzedine Mihoubi avait été la «réunion de coordination des directeurs de la culture de wilaya», le 13 juin 2015. Une rencontre, où il avait été avant tout question de «rationaliser» les coûts de fonctionnement du secteur, déclarant aux directeurs de la culture de wilaya dans un discours qui avait marqué par son franc parlé. «Il faut diminuer les dépenses, changer les habitudes prises durant ce qui a été vu comme une période d’abondance financière». Le budget du ministère de la Culture, estimé en 2013 à près de 21 milliards de dinars, ne cesse d’être en baisse, bien que les chiffres fiables aient toujours été contradictoires et difficiles à obtenir. Toujours est-il que la premières décision concrète en vue de réduire les coûts viendra, dès la fin 2015, avec la suppression pure et simple de près de 50% des 176 festivals institutionnalisés. Un moyen, expliquait-on, de sauvegarder le budget de l’Etat, mais aussi de proposer une animation de meilleure qualité en confiant les festivals restant à des «personnalités du domaine de la culture». L’une des actions qui restera ainsi à l’actif d’Azzedine Mihoubi ayant été de faire en sorte que les commissaires de festival ne cumulent l’organisation de plusieurs manifestations. En tant que ministre de la Culture, l’action à la tête du secteur aura également été marquée par une volonté de réorganiser l’activité cinématographique avec l’ouverture d’une «cité du cinéma», ou encore de multiplex gérés par des privés. Mais ce programme est resté à l’état d’effet d’annonce, dont les résultats ne sont pas encore visibles. Toutefois, la situation s’est légèrement améliorée concernant les salles de cinéma en activité, dont le chiffre de 60 à 80 est aujourd’hui avancé par les responsables de la culture. Cependant, la politique d’Azzedine Mihoubi en matière de promotion du cinéma restera marquée par plusieurs polémiques et conflits avec des artistes, dont l’un des plus importants échecs est sans doute la gestion du projet du film «Larbi Ben M’hidi».
Dans le bilan de Mihoubi, on doit également prendre en compte la polémique suscitée par la nouvelle loi sur le livre n’ayant pas fait l’unanimité des professionnels du secteur. Un projet de réforme de la législation sur le patrimoine qui se fait encore attendre, ou encore des annonces de fusion de structures du ministère encore «dans les cartons». n