Les membres de plus de dix familles sont sortis dans la rue, mercredi et jeudi, pour protester contre le directeur des travaux publics de Ouargla. Habitant la cité Si El-Haouès, ils organisent depuis mercredi un sit-in ouvert devant l’entrée de la direction des travaux publics pour dénoncer la mesure « illégale et despotique » prise par le responsable de cette institution qui consiste à construire un mur de séparation qui va les priver d’air, de lumière et donc de vue.

Ils réclament ainsi l’arrêt « immédiat » et « définitif » des travaux de construction. Habitant ce vieux quartier depuis les années 1960, les propriétaires de ces maisons, dont les fenêtres donnent sur la cour et un espace nu, appartenant selon certains à la direction des travaux publics, vivaient dans la quiétude avant que le directeur des travaux publics ordonne, il y a deux semaines, la construction d’un mur séparatif couvrant complètement la façade des habitations les privant ainsi d’air et de soleil.
La distance entre la façade et le mur de séparation est de 25 cm seulement, ce qui est complètement insensé. «Etant la seule façade, on bénéficiait d’une belle vue et d’une belle luminosité. Aujourd’hui, toutes nos chambres vont devenir sombres et non aérées», lance le Dr Djidour Hadj Bachir, un des habitants lésés et porte-parole des familles.
Selon le Dr Djidour, professeur en droit à l’université de Ouargla, cette mesure ne respecte pas les règles de droit privé. Il affirme que ce rassemblement est survenu après l’épuisement de toutes les tentatives de résolution amiable de ce problème pesant. Ce responsable par cette décision prise récemment, ordonnant le lancement des travaux de construction de ce mur, jette à terre tous les principes de responsabilités morales et humaines. Le responsable n’a pas attendu le jugement du tribunal et a entamé son action sans le respect des droits et des lois. Par cette action, des familles entières vont être privées d’air et de lumière, lancent les protestataires.
«Ce mur construit abusivement obstruent nos fenêtres et empêchent la lumière de pénétrer dans nos maisons surtout que c’est la seule façade qu’on possède », ajoute le Dr Djidour. Selon les habitants, le directeur des travaux publics a refusé de les recevoir et tout dialogue avec les concernés sur l’objet en litige. Une lettre collective est donc rédigée et adressée au wali de Ouargla sollicitant en urgence son intervention afin de résoudre à l’amiable ce litige qui perturbe la quiétude d’une dizaine de familles. n