La commémoration, aujourd’hui,  24 février, de la nationalisation du secteur des hydrocarbures, se déroulera dans un contexte préélectoral particulier, marqué par des positions antinomiques sur l’option d’un cinquième mandat pour le président sortant.
Cette journée chargée de symboliques ne manquera pas, selon toute vraisemblance, d’être un moment d’une grande portée politique à l’heure de l’élection présidentielle.
Même si cette célébration devait se dérouler loin de la capitale et de ses palpitations – la commémoration officielle se déroulera à Adrar –, cela n’enlève en rien à la signification politique du rendez-vous, qui est aussi l’anniversaire de la création de l’UGTA survenue en pleine guerre de Libération, un 24 février 1956.
Intervenant dans un contexte de précampagne électorale, visiblement très animée pour la présidentielle d’avril 2019, la tribune d’Adrar, à 1 400 km au sud-ouest d’Alger, ne sera sans doute pas inexploitée par les partisans du chef de l’Etat.
La rue, qui s’est invitée de façon fracassante dans le jeu politique, à un moment où on l’attendait le moins, a pu manifestement replacer dans l’espace public les courants hostiles à la « continuité ». Cette expression de rue, qui pourrait être considérée comme un sondage défavorable pour les partis de l’Alliance présidentielle, ne doit pas laisser sans réaction les membres de cette dernière.
Ce jeu d’actions-réactions installe ainsi un décor de campagne électorale avant l’heure et dans laquelle vont pouvoir s’exprimer les formations politiques qui ont préféré rejeter le scrutin présidentiel. Mais, nous ne le dirons jamais assez, l’intensité de la compétition ne doit nullement justifier le moindre recours à l’antijeu ni à des manifestations de violence.
Et si une élection présidentielle a toujours constitué un moment fort de la pratique politique, les acteurs qui vont animer les débats autour de la présidentielle doivent se montrer respectueux des règles du jeu. Il n’est pas permis de transformer la pratique politique en arène d’insultes et d’invectives. Et les animateurs de la scène politique, quelle que soit leur option politique, doivent faire de cette présidentielle un vrai moment de débat et d’affrontement politique.