C’est une affaire qui risque de faire couler beaucoup d’encre si les dires de Bilel Naïli, milieu de terrain de l’USM El-Harrach (Ligue 2 Mobilis), s’avèrent vrais. Après avoir été déclaré positif à un produit prohibé mercredi dernier, l’ancien sociétaire du CR Belouizdad a révélé que la variante examinée n’est pas la sienne. Il pointe du doigt la procédure de contrôle antidopage. La commission médicale de la Fédération algérienne de football (FAF) devra enquêter avant de rendre publique la suspension (ou pas) finale du Harrachi.

Il le clame très haut. Naïli n’a jamais passé ce contrôle qui a décelé une composante proscrite par l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) dans urine qui est celle d’un autre. Dans un entretien à la chaîne sportive « El-Heddaf », l’ex-pensionnaire de la JS Kabylie a tenu à raconter sa version des faits. Elle est, pour le moins, ubuesque. Et si elle vient à être confirmée, cela ne pourrait que témoigner de l’amateurisme avec lequel notre football « professionnel » est géré.
« J’étais blessé. Je n’ai pas joué pendant trois semaines. Le jour du match, il y avait la présence des médecins fédéraux. Je les ai informés que j’ai pris un médicament, du Diprostène (prescrit pour les rhinites généralement NDLR). Les médecins en ont donc pris compte, puis on m’a sélectionné réellement pour subir le test antidopage. Mais par la suite, on n’a pas été soumis. On est venu nous voir pour nous informer qu’il y a eu un changement. Donc, je n’ai pas été soumis au contrôle antidopage. Je jure devant Dieu que je n’ai pas été soumis à ce test », a-t-il indiqué en précisant que « c’est un membre de la direction du club. Il nous a dit que quelqu’un d’autre a été désigné à ma place. C’est bon, on est partis chez nous. Par la suite, on m’appelle pour me dire que j’ai été contrôlé positif. Mais c’est du n’importe quoi. Je suis vraiment étonné et choqué. Ce n’est pas normal qu’on commette une telle erreur.»

Scellée sous X !
Suspendu provisoirement de toute activité jusqu’à ce que son cas soit examiné, le footballeur de 33 ans n’a jamais connu de mésaventure sur le plan disciplinaire. Il a toujours été connu pour son comportement exemplaire dans tous les clubs par lesquels il est passé. Cette affaire risque donc de mettre un terme définitif à sa carrière si sa culpabilité est avérée. Une suspension allant de deux à quatre ans plane sur lui tel une épée de Damoclès.
Toutefois, le « Jaune et Noir » croit dur comme fer qu’il est innocent. « C’est simple. On est en 2019 et je suppose qu’il y a la technologie pour qu’on puisse confirmer que ce n’est pas moi. Le contrôle antidopage se fait au niveau de l’urine. Qu’ils prennent alors l’urine qui a contenu un produit dopant et le mien pour les comparer. Ils vont confirmer par la suite que ce n’est pas moi. C’est ce que je demande. Ce n’est pas normal. Je le dis et je le redis, je n’ai jamais effectué le test antidopage. Je pense qu’ils se sont trompés », a-t-il souhaité.
Alors, qui est le propriétaire de la scellée en question ? Telle est l’interrogation à laquelle l’interviewé n’a pas pu apporter plus de précisions en déclarant « Sincèrement, je ne sais pas. Tout ce que je sais, c’est qu’on est venus nous voir pour nous dire qu’il y a eu un changement. Je vous assure, je jure devant Dieu que je n’ai pas été soumis au test antidopage. Moi, dès qu’on m’a annoncé cela, j’ai directement pris mes affaires pour aller chez moi » non sans rappeler qu’ « ils peuvent faire une enquête pour connaître qui est passé au contrôle anti dopage à ma place. A ma connaissance, lorsqu’on change le nom du joueur, on procède aussi à la modification de son nom sur les documents.»

Et maintenant ?
Ceci est une négligence dans la procédure qui serait très grave et sans précédente. Jamais ce problème ne s’est posé par le passé.
On ne sait pas si c’est une manœuvre pour se laver les mains de Naïli ou c’est vraiment une maladresse des médecins qui étaient chargés d’accomplir les prélèvements ? Difficile d’y répondre tant que la lumière n’a pas été faite sur cet épisode. Le récupérateur des banlieusards d’Alger a, aussi, tenu à relever « un autre point important, c’est que lorsqu’on passe ce contrôle, on ne confirme jamais l’identité du joueur. On rentre à la salle et on fait le contrôle le plus normalement du monde, sans demander la pièce d’identité ou la licence. Donc, il se peut qu’il y ait une tierce personne qui a fait le contrôle sous mon nom. Mais je n’accuse personne »
En tout cas, le concerné semble confiant et sûr de ses propos. Il n’envisage même pas de rester éloigné du terrain pour une longue période. « Je vais demander seulement à la commission médicale de la FAF d’enquêter sur cette affaire pour me réhabiliter et surtout vis-vis de mes parents, c’est tout. Je n’accuse personne, je n’accuse pas la commission, mais elle doit faire son travail comme il se doit. Si j’avais réellement fauté, aujourd’hui je n’aurais pas accepté de parler. J’assume pleinement mes responsabilités. Les gens doivent faire une enquête, même vous la presse. Il faut suivre ce dossier de très près», a-t-il demandé.
L’audition ne devrait, vraisemblablement, pas se tenir avant d’investiguer sur cet imbroglio. « Je vais leur raconter la vérité et je vais leur demander de confirmer si la variante d’urine, contenant ce produit, est la mienne ou non. Là, s’ils ouvrent une enquête pour confirmer, ils vont comprendre beaucoup de choses. Moi, je ne suis pas trop inquiet par rapport à cette affaire car je sais que je n’ai rien fait et que je n’ai pas fauté. Je suis revenu à El Harrach pour aider ce club qui m’a permis de me faire un nom, d’accéder en Ligue 1, c’est tout. Je ne suis pas quelqu’un qui se dope pour jouer. Ma carrière est derrière moi. Seulement, je ne veux pas arrêter ma carrière de la sorte. Moi, on ne peut pas me salir », prévoit et prévient Naïli. Affaire à suivre. Très attentivement…