Certains candidats déclarés pour la présidentielle d’avril font parler d’eux en s’offrant, depuis peu, des bains de foule à travers plusieurs villes du pays. Les vidéos de ces personnages sortis de nulle part sont très suivies, scrutées et commentées sur les réseaux sociaux, suscitant une adhésion, notamment chez les jeunes. Une adhésion qui laisse songeur. Les sorties qui font le buzz d’un Rachid Nekkaz ou d’un Ghani Mehdi à travers plusieurs villes du pays sont symptomatiques de la déception des électeurs envers les partis politiques traditionnels. Ces personnages, véritables ovnis de la politique en Algérie, font davantage parler d’eux notamment à travers les différents réseaux sociaux que les partis traditionnels et autres personnalités politiques notoires. Il reste pour le moins inquiétant de constater que la rue échappe désormais aux partis politiques classiques. Ces derniers sont plus que jamais appelés à faire l’effort qu’il faut afin de reconquérir des pans entiers d’Algériens qui ne croient plus en un discours considéré comme désuet. Il est évident que les nouvelles technologies et les outils d’Internet sont désormais un élément de communication inévitable qui fait intégralement partie de notre temps. Celui qui en contrôle les ressorts et les dynamismes peut engranger la popularité qu’il voudrait. Les moments des élections sont souvent des périodes où l’usage de ces outils est poussé à son summum. Il n’est pas étonnant aujourd’hui que les vidéos les plus particulièrement partagées et les plus regardées par la blogosphère algérienne sont celles liées à l’élection présidentielle. Certains ont compris les possibilités que peuvent offrir ces moyens notamment pour des candidatures qui n’émanent pas d’un parti politique ayant une assise militante et populaire. Malgré son caractère fantasque, Nekkaz avec son téléphone portable et son discours simple, semble plus efficace que des partis avec leurs appareils et leurs militants disciplinés.