Dans le cadre de la campagne de boycott de la prochaine élection présidentielle du 18 avril prochain, initiée par le conseil national du parti du Front des forces socialistes (FFS), le coordinateur de l’instance présidentielle, Ali Laskri, a animé, hier, un meeting populaire au Centre culturel Mouloud-Mammeri dans la localité de Beni-Yenni (à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Tizi Ouzou). A cette occasion, il a réitéré le positionnement de son parti vis-à-vis de la prochaine échéance présidentielle qu’il a qualifiée de «mascarade et d’un coup de force» contre les Algériens. «Cette élection n’est ni transparente ni démocratique. Aucune des conditions n’est réunie. Nous rejetons ce genre d’élection où la voix du peuple est opprimée», tout en réaffirmant que le FFS ne soutient aucun candidat qui se présentera à cet échéance. Intervenant devant une assistance nombreuse composée de militants, de membres de la Coordination fédérale (CF), à leur tête Ali Sadouk, et les représentants du mouvement estudiantin du FFS, Ali Laskri a appelé la population locale de cette commune à boycotter ce rendez-vous électoral qui menacerait, d’après lui, la stabilité du pays. «L’Algérie est menacée de vivre les scènes de chaos et de déstabilisation qu’ont connues les pays arabes dans le cadre de ce qu’on a appelé le printemps arabe». Laskri a informé les militants du plus vieux parti de l’opposition que le FFS maintient sa position concernant une assemblée constituante, basée sur l’instauration d’un « consensus national qui regroupe la voix des Algériens autour d’un avenir meilleur et une démocratie garantie ». «Le boycott de l’élection présidentielle est une décision autonome du conseil national de notre parti. Les décisions sont portées par les militants, mais aussi nous avons pris en considération le désir du peuple qui veut le changement du système». Dans le même ordre d’idées, le coordinateur de l’instance présidentielle du FFS a tiré à boulets rouges sur le régime politique actuel qui, d’après lui, est en train de s’accaparer les richesses du pays tout en faisant fi de la liberté d’expression. Laskri affirme que «le FFS se battra pour le changement de gouvernance, puisque le peuple veut le changement et casser le mur de la peur». Ainsi, il a dénoncé les pratiques de neutralisation des institutions et des lois organiques imposées par le régime en place. «Le système actuel est en train de modifier les lois organiques à tout moment pour aboutir à un objectif qui est la création d’un poste de vice-président de la République», dira-t-il sous les applaudissements de l’assistance.
Pour cela, des campagnes de sensibilisation sont prévues par le plus vieux parti de l’opposition au niveau de différentes wilayas pour les inciter à boycotter ce scrutin de manière pacifique. Le même interlocuteur a annoncé que les militants du FFS marcheront pacifiquement dans la capitale à Alger, le 19 mars prochain. Tout en soulignant que le choix de cette date n’est pas fortuit, puisqu’elle reflète une date phare de l’histoire de la guerre de libération nationale qui est le cessez-le-feu décidé lors des Accords d’Evian. Le coordinateur de l’instance présidentielle a, par ailleurs, remis en cause l’initiative du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui doit présenter la politique générale du gouvernement : «Nous ne voulons pas la lecture de cette politique, mais nous voulons qu’ils répondent à la question où sont passées les 1 000 milliards de dollars ?»