Le projet Touat Gaz sera bientôt mis en service. L’usine de traitement de gaz de cet important projet  a été mise en gaz, préludant ainsi à sa mise en exploitation qui interviendra prochainement après la réalisation de tous les tests d’usage, lit-on dans un communiqué diffusé, hier, par le groupe Sonatrach.

C’est l’un des plus grands gisements gaziers de ces dernières années, dont la capacité de production avoisinera les 12,8 millions m3/jour de gaz de vente (soit 4,5 milliards m3/an) et 1 800 barils/jour de condensat stabilisé. Le plan de développement de ce projet consiste en la réalisation d’un forage de 18 puits producteurs de gaz et la construction d’une usine de traitement de gaz d’une capacité de traitement de 14,3 millions m3/jour. Sont également prévus un réseau de collecte et d’expédition, ainsi que la réalisation de routes, d’une piste d’atterrissage, une base de vie et un camp de sûreté. Le gaz produit sera acheminé au gazoduc GR5/TRC par un pipeline d’une longueur de 48 km.
Du point de vue économique, le champ gazier de Touat, développé par Sonatrach (35%) en association avec la firme britannique Neptune Energy (65%), a pour but de d’augmenter les volumes de gaz destinés à l’export. La hausse de la production en gaz, qui était de 135 milliards de mètres cubes en 2018, devrait permettre au pays de dégager des surplus à l’exportation, dont les volumes étaient en baisse ces dernières années sous l’effet d’une consommation nationale qui évolue rapidement, mais aussi d’une production qui diminue d’année en année. Pour tenter de remonter la pente, le Groupe Sonatrach a mis en place une nouvelle stratégie (SH 2013) qui repose, entre autres, sur l’intensification des investissements dans le secteur pétrolier, tout en œuvrant à développer davantage le secteur gazier en lançant de nouveaux projets. En ligne de mire de cette stratégie l’augmentation de la production et le développement de l’industrie de la transformation.
Outre le projet Touat, une des pièces maitresses de cette nouvelle stratégie qui semble faire la part belle au gaz, le champ de Timimoun, entré en production en mars 2018, figure parmi les plus grands investissements gaziers lancés ces dernières années. Il est doté d’une capacité de 1,8 milliard de m3 de gaz/an à partir de 37 puits et exploité dans le cadre d’un partenariat Sonatrach-Total-Cepsa.
A ce projet s’ajoute celui de Reggane Nord, opérationnel depuis 2017, développé par Sonatrach et ses partenaires européens Repsol, DEA Deutsche Erdoel et Edison. Ce projet gazier devrait atteindre à terme une production annuelle de 4,5 milliards de m3. L’entrée en production de ces projets-clés permettra à Sonatrach de rehausser les volumes destinés à l’exportation dès 2019, alors qu’ils tournaient depuis quelques années déjà autour de 50 milliards de m3 par an. Les volumes destinés à l’exportation ont amorcé un virage en déclin il y a de cela plus de dix années déjà. Ces projets devraient également insuffler une nouvelle dynamique à l’activité du secteur des hydrocarbures, qui a connu en 2018 une forte décroissance estimée à -8,2%. Sonatrach nourrit désormais de l’ambition de voir la production remonter à des niveaux plus importants, permettant de mettre fin à la tendance baissière qui a caractérisé ces dernières années. Pour les responsables du Groupe, la réception de ces projets permettra au Groupe de se relancer après près d’une décennie d’instabilité. n