Rachid Nekkaz était, hier, en visite à Annaba afin de booster sa campagne de collecte de signatures de parrainage pour pouvoir être candidat à la magistrature suprême. Dès 13H, une foule de quelques centaines de personnes avait répondu à l’appel du candidat à la candidature. Cette dernière l’attendait en face de l’Hôtel de ville et de la Mouhafadha du FLN. Les responsables du vieux parti ont d’ailleurs préféré fermer les portes de la Mouhafadha pour éviter tout débordement.
Vers 13H50, M. Nekkaz, venant de Guelma, arriva sur le Cours de la Révolution. Manque de chance, il était loin de la foule venue le soutenir. Un groupe de «baltagiya », habitués à jouer les mercenaires pour le compte de l’un des députés d’Annaba, ont attaqué Nekkaz. Malgré la résistance de ses «gardes du corps», l’invité d’Annaba s’est fait bousculer par des délinquants notoires. L’affrontement a duré quelques minutes en l’absence des forces de l’ordre, qui étaient mobilisées en face de l’Hôtel de ville où la foule attendait M. Nekkaz. Seuls quelques éléments des renseignements généraux de la police étaient présents sur les lieux pour filmer la scène et pouvoir par la suite identifier les fauteurs de trouble dont l’un a même osé voler le téléphone que Rachid Nekkaz utilisait pour diffuser son «live» sur Facebook.
Les quelques citoyens qui assistaient de loin à la scène ont préféré, sont rester loin de l’affrontement, se contentant de huer les agresseurs. Mais, rapidement, avec l’arrivée d’une foule immense de milliers de partisans de Rachid Nekkaz, le courage est revenu et les agresseurs ont pris la fuite pour éviter d’être lynchés. Rachid Nekkaz a marché vers l’APC de Annaba en compagnie de milliers de personnes qui scandaient des slogans anti-cinquième mandat et anti-FLN. La quasi-totalité des soutiens de Nekkaz, qui ont répondu à son appel, étaient des jeunes de moins de 35 ans. Cet élan de sympathie dont bénéficie Rachid Nekkaz s’explique par le buzz qu’il est en train de provoquer en utilisant les réseaux sociaux pour toucher un large public. L’action menée la veille à Khenchela, conjuguée à l’agression violente qu’il a subie dès son arrivée à Annaba, n’ont fait que chauffer les esprits et accorder plus de mérite au personnage qui veut à tout prix être président. Mis à part «djich, châab, mâak ya Nekkaz» et «Nekkaz président», tous les autres slogans étaient destinés à défier le pouvoir. Ce dernier a bien cerné la situation et fait tout ce qu’il pouvait pour surfer sur cette vague. Tentant ainsi de récupérer les voix de ceux qui veulent un changement à tout prix, peu importe celui qui l’incarnera.
Assaut sur l’APC
Arrivés à l’APC, Nekkaz et ses soutiens ont dû forcer les portes pour entrer. Les employés avaient bloqué les portes pour éviter que des milliers de personnes ne pénètrent en même temps à l’intérieur de l’Hôtel de ville. Quelques centaines de personnes, munies de formulaires de signature de parrainage, ont tout de même réussi à entrer dans la cour de l’APC. Rachid Nekkaz est entré par la suite au niveau du bureau de la légalisation desdits formulaires pour récolter quelques signatures symboliques. Une trentaine de personnes l’ont accompagné au niveau de ce bureau exigu, alors que des centaines d’autres se bousculaient à l’entrée pour pouvoir être auprès de celui qu’ils considèrent comme «l’adversaire du candidat Bouteflika» jusqu’à décrocher la photo du Président de la République, comme cela avait été fait la veille à Khenchela. Vers 16H, Nekkaz a quitté Annaba à destination de la wilaya d’El-Tarf, en promettant de revenir à celle qui fut autrefois la Coquette, pour déposer plainte contre ses agresseurs.