L’avant-première du documentaire, «Commandos de la ligne de mort», réalisé par Ahmed Hamam, a été projeté, lundi dernier, au Centre national de la cinématographie et de l’audiovisuel (CNCA), à  Alger, en présence du réalisateur.
Cette projection coïncidant avec la célébration de la Journée nationale du chahid, le 18 février de chaque année en Algérie, est revenue sur les lignes de défenses frontalière Challe et Morice, érigées par l’armée coloniale française dès 1957. Durant 26 minutes, le public a assisté à une immersion dans l’histoire sanglante de ces deux lignes de barbelés électrifiées, dressées tout au long des frontières avec la Tunisie et le Maroc.
Le réalisateur s’est basé sur l’histoire du colonel Ahmed Bencherif, qui avait marqué de son empreinte l’histoire de l’Algérie, faisait partie des officiers qui avaient réussi à franchir les lignes Challe et Morice, mises en place par l’occupant français aux frontières Est et Ouest pour empêcher tout approvisionnement de la Révolution. Le réalisateur a présenté à cet effet trois témoignages, à savoir l’universitaire Ben Rabah Mohamed Chikh, qui a évoqué, brièvement l’histoire du colonel Ahmed Bencherif, qui est le seul à avoir réussi à passer cette funeste frontière.
Il y a également le témoignage d’Abdelkader Hamdouche, un ami proche du défunt colonel, qui rappellera le parcours exemplaire de moudjahid.
Ce dernier avait mis à pofit durant la lutte armée pour l’indépendance de l’Algérie son expérience durant la guerre d’Indochine au sein de l’armée française dont notamment l’acquisition des techniques de la guérilla.
Le témoin abordera aussi le transfert du colonel Ahmed Bencherif, en affirmant que ce dernier a été le seul qui a pu franchir la ligne de la mort, perdant ainsi une vingtaine de soldats.
Le documentaire montre ensuite le témoignage du commandant Lakhdar Bouregaâ sur l’emprisonnement du colonel à Mascara puis à El Harrach et ensuite son transfert en France pour être jugé et libéré après les Accords d’Evian.
Il est à noter que le réalisateur a emprunté ce témoignage à des images de la Télévision nationale, sans avoir obtenu l’accord pour le droit de diffusion. L’autre bémol de ce documentaire est le fait que les images d’archives utilisées par le réalisateur, dont un témoignage du colonel Ahmed Bencherif, ont été récupérées sur Internet.
En plus, le réalisateur n’a pas fait d’effort pour aller fouiller dans les archives nationales ou un véritable travail sur le terrain se contentant de récupérer ces archives sur Youtube.
Lors du débat, qui a suivi la projection, le réalisateur se justifiera en affirmant : «Nous avons passé quatre ans à faire ce film et avant d’essayer de le résumer en 26 minutes.» Il ajoutera : «Je sais que ce travail à des lacunes, mais c’est au spectateur de le critiquer.» En affirmant que «nous avons contacté Lakhdar Bouregaâ, ainsi que d’autres personnes, mais ils ne voulaient pas parler. Alors nous avons fait avec les moyens du bord». n