Les habitants de la commune d’El-Ouricia, située à une dizaine de kilomètres au nord de Sétif, dénoncent la dégradation de leur cadre de vie. Et, en premier lieu, le manque de conditions d’hygiène dans cette ville qui a connu dans les années 1990 une extension urbaine énorme suite à un exode massif. Les eaux usées de cette localité se déversent dans l’oued Bousselam qui traverse plusieurs villes dont le chef-lieu de wilaya. « Les rejets finaux de la ville finissent dans cet oued non loin des habitations. Une odeur nauséabonde se dégage de cette catastrophe écologique. Pis encore, les eaux usées de l’abattoir communal se jettent aussi dans la nature. Aucune canalisation n’a été réalisée pour évacuer les eaux vers l’oued loin des habitations », nous dira un habitant de cette localité. Lors de notre visite, nous avons constaté que cet abattoir très vétuste se trouve dans un état déplorable. Aussi, cette vieille structure implantée au cœur de la commune ne répond plus aux normes d’hygiène réglementaires. Interrogés par nos soins, certains citoyens n’ont pas manqué de souhaiter la fermeture de cette infrastructure qui représente un point noir. « Cette situation nous pénalise énormément notamment durant les grandes chaleurs à cause de la prolifération des insectes. Cette structure représente un véritable danger pour notre santé et celle de nos familles », a ajouté un citoyen qui habite une maison à proximité de l’abattoir. Les habitants ont également dénoncé la passivité des élus locaux qui n’ont pas trouvé de solution à ce problème qui persiste. Selon un responsable de l’APC, une demande a été formulée depuis des années pour bénéficier d’un projet de réalisation d’un nouvel abattoir, mais cette demande est restée sans réponse. Par ailleurs, la ville souffre aussi de la prolifération des décharges sauvages. Dans le même sillage, les habitants de cette commune dénoncent aussi les nuisances causées par les ateliers de menuiserie. En dépit de la réalisation d’une zone d’activité pour abriter les menuisiers, elle demeure toujours déserte. « Les menuisiers ont refusé de rejoindre cette zone d’activité à cause des clauses du cahier des charges jugées difficiles. Ces nuisances enveniment notre vie. Aussi, suite à la pollution de l’air, plusieurs personnes sont atteintes de maladies respiratoires », s’écrie un autre citoyen. n