Ahmed Ouyahia aura la lourde tâche de présenter devant l’APN, en séance plénière, la Déclaration de politique générale lundi prochain.
Cette déclaration sera, ensuite, débattue au sein de l’hémicycle du Bd Zighoud Youcef pendant deux jours, pour qu’après, le Premier ministre puisse répondre aux questionnements des députés de la nation.
Cet exercice n’a pas, sans doute, été livré à Ouyahia par hasard. En effet, l’actuel Premier ministre a eu à gérer le gouvernement à deux reprises depuis 1999. Réputé pour son franc-parler, il a eu à chaque oral devant l’APN une « botte secrète » qui lui aura permis, à chaque fois, de s’en sortir sans trop de fracas. Cette fois, Ouyahia aura à présenter une déclaration de politique générale répartie sur six chapitres, ayant trait au bilan de son gouvernement, qui se répartissent sur l’amélioration de la gouvernance et le renforcement de l’Etat de droit ; l’économie qui englobe plusieurs secteurs, surtout l’agriculture, le développement rural, la pêche, l’industrie, les mines, l’énergie, le tourisme, l’artisanat et le commerce ; la consolidation des infrastructures de base ; le développement humain dans divers domaines ; le développement social et culturel et la communauté nationale à l’étranger, la politique étrangère et la défense nationale. Ce n’est pas une nouveauté, les présentations de « bilan » auprès de l’APN ayant toujours regroupé pratiquement tous les secteurs des différents ministères.
Ce qui l’est moins sera, cette fois, la présentation du bilan du président de la République Abdelaziz Bouteflika par son chef du gouvernement.
Un bilan qui couvre toute la période des quinquennats du Président sortant de 1999
à 2018. Un récapitulatif qui va du rétablissement de la paix et de la réconciliation nationale, et les «réalisations physiques imposantes», à la livraison de logements, en passant par l’évolution des indicateurs dudéveloppement humain et le remboursement par anticipation de plus de 25 milliards de dollars de dettes. Une sorte de campagne électorale avant l’heure, bien que l’agitation du directeur de campagne de Bouteflika, Abdelmalek Sellal en l’occurrence, ne laisse aucun doute sur une proclamation d’intention avant le coup de starter des hostilités.
En tout cas, Ouyahia, en tribun hors du commun, n’aura sans doute pas de résistance parmi les députés de la nation, les «quatre» siégeant en maître sur les lieux, même s’il y aura de l’agitprop de certains partis, notamment ce qui reste des islamistes, pour faire comme si M. Ouyahia devra donc présenter un bilan, des bilans qui passeront, à n’en pas douter, comme des lettres à la poste.