Le président du Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo),
M. Belambri, a exprimé avant-hier lors de l’assemblée générale des adhérents du Snapo de la wilaya d’Oum El Bouaghi son inquiétude quant à l’ampleur des agressions contre la corporation en raison de l’ampleur que prend le phénomène du trafic de psychotropes.

D’autant que cette assemblée intervient après l’assassinat dans la nuit de mercredi du mari d’une propriétaire d’officine à Ain Fakroun (25 km à l’ouest d’Oum El Bouaghi). De ce fait, le président du syndicat national des pharmaciens d’officine a tenu à l’occasion à éclairer la lanterne des présents sur les circonstances exactes de l’assassinat du mari de la consœur, dont les présumés assassins (des repris de justice et un gardien) ont été neutralisés par les enquêteurs. Rappelant à l’assistance que ce crime contre la corporation n’est pas le premier, puisque des pharmaciens ont déja fait l’objet d’agressions et d’assassinats à Batna, Mascara, Médéa, M. Belambri insista sur l’action de solidarité à envisager envers la consœur pharmacienne. Mettant en exergue l’aspect sécuritaire et l’ampleur de la demande de psychotropes, M. Belambri dira que « le trafic de psychotropes est énorme, d’importantes quantités sont échangées et écoulées à travers la frontière avec la Tunisie, voire de nouvelles méthodes et pratiques tel le troc, les ordonnances de complaisance, des ordonnances fausses (scannées) sont utilisés pour s’approprier ces substances psychotropes ». Insistant sur le volet sécuritaire, le président du Snapo mettra en exergue les précautions et consignes à prendre, notamment le stockage de ces substances dans des armoires solides, veiller à ce que l’accessibilité aux produits ne soit pas facile, la sécurisation des stocks des officines, la gestion particulière et spécifique de ces substances. Tout en rappelant l’instauration de la garde de nuit des officines en 2015, le président du Snapo a insisté aussi sur la nécessité de se prémunir de nuit d’un barreaudage solide, d’un guichet accordéon, d’une alarme ou sirène, voire d’un système de surveillance. S’agissant de la réglementation et les procédures entreprises dans le cadre de la gestion des psychotropes dont le trafic ne cesse de prendre de l’ampleur ces dernières années, M. Belambri fera part aussi de l’article 16 de la loi 04/18, traitant les sanctions prévues pour la délivrance de médicaments sans ordonnances, avec des ordonnances de complaisance ou fausses, notamment l’emprisonnement de 5 à 10 ans de prison et une amende de 50 millions de centimes. Il ne manquera pas non plus d’indiquer qu’ « élaborée par le ministère de la Justice, la loi 04/18 de décembre 2004 comporte des dispositions, procédures et sanctions sévères destinées à lutter rigoureusement contre les réseaux de trafiquants et l’usage illicite des psychotropes, voire elle classe au même niveau les stupéfiants et les psychotropes en matière de sanctions (peines) ».
Enfin, la non classification des catégories de psychotropes par le ministère de la Santé, jusqu’à 2015, la non publication des tableaux au Journal officiel, l’article 17 ayant trait à la détention, commercialisation illégale de psychotropes, les nouveautés de la loi tel le registre coté et paraphé, l’ordonnancier du médecin, le nombre d’ordonnances à délivrer, la couleur, le numéro de série, le fichier centralisé numérique comme projet de loi, permettant le recoupement par le système, la protection des professionnels de la santé (médecins, pharmaciens) et autres ont été mis en exergue lors de cette rencontre des professionnels du médicament à Oum El Bouaghi. n