L’Afrique cherche les moyens de rentabiliser ses richesses et assurer l’employabilité de ses jeunes ainsi que la promotion de l’entrepreneuriat féminin. C’est autour de ces thèmes centraux du développement sur le continent africain que s’est ouvert hier le Business Africa entreprise forum à l’initiative de la CGEA.
Dans son allocution d’ouverture, la présidente de la CGEA, Mme Saïda Neghza, a mis l’accent sur l’importance de dynamiser et soutenir les entreprises africaines. Dans ce sillage, elle a souligné l’importance de ce forum pour les 3 000 adhérents de son organisation patronale pour avoir enfin les clés de l’investissement en Afrique. De son côté, le secrétaire général du ministère de l’Industrie et des Mines, Kheireddine Medjoubi, a énuméré les mesures prises par le gouvernement en faveur de l’entrepreneuriat et l’emploi de jeunes notamment à travers la diminution des charges fiscales et parafiscales.
Pour lui, le million de PME algériennes sont avides d’une amélioration tangible de la compétitivité pour une meilleure intégration de l’industrie nationale. Matthias Thorns, secrétaire général de l’organisation des employés (IOE), a indiqué pour sa part qu’à travers la présence de son organisation dans 55 pays africains, il a pu identifier un besoin commun : trouver les solutions pour améliorer les conditions de vie des jeunes en Afrique. Ces conditions de vie, a indiqué pour sa part Habib Yousfi le président d’honneur de la CGEA, «nous incitent à identifier les problématiques qui entravent leur employabilité». Pour Yousfi, l’identification des problématiques pour l’emploi des jeunes et l’entrepreneuriat féminin permet de trouver les solutions adéquates pour réaliser des résultats concrets et non des recommandations qui sanctionnent les différentes rencontres patronales. «Il faut coûte que coûte qu’on rentabilise nos richesses pour parvenir à un développement économique et assurer notre propre développement continental», insistera encore Habib Yousfi.
Composantes motrices
L’économiste Mustapha Mekkideche dira que ce sont les femmes qui portent la création de l’emploi, et ce, même dans les conditions difficiles. «J’ai pu constater en ma qualité de président sortant du panel des mécanismes africains par les pairs, une institution de l’UA en charge de la gouvernance, que les jeunes sont également porteurs du futur du travail, ils sont les plus aptes à ingérer et à s’inscrire dans les mouvements des nouvelles technologies.
J’ai pu le voir à Nairobi avec les jeunes startupers», notera l’économiste qui observera que la décision prise récemment par le ministre du Commerce (celle de la suppression de l’exigence d’une domiciliation pour une activité) est une bonne idée qui permet de libérer les initiatives. Les femmes et les jeunes constituent pour lui les deux vecteurs pour le futur du travail dans le Continent africain. Et des composantes motrices pour l’avenir. «Le prochain siècle sera probablement celui de l’Afrique, pas seulement parce que le Continent recèle des matières premières, mais parce qu’il y a un capital humain développé porté par les femmes et les jeunes, un capital qui va irrémédiablement peser dans les changements en cours», dira-t-il énumérant les prérequis de l’émergence réunis dans le Continent. «Il s’agit des progrès faits en matière de sécurité sans lesquels point de développement. Il y a aussi le développement des infrastructures en Afrique qui n’a jamais été aussi important qu’il ne l’est depuis deux décennies.
Que ce soit dans l’énergétique ou dans la télécommunication. Il y a enfin le capital humain et les progrès faits en Afrique contre l’analphabétisme et dans la qualité de l’enseignement dans les universités africaines sous la menace, toujours permanente, des fuites de cerveaux», notera l’économiste en invoquant le talon d’Achille qui reste évidemment les institutions. «Le marché est une institution au sens économique. Nos marchés ne sont pas encore transparents, il y a à faire dans la lutte contre la corruption et le traitement de l’informel».
Beaucoup en effet reste à faire, mais il n’y a aucun doute : le prochain siècle sera celui de l’Afrique, conclura Mekidechs.