Accueillie par le Musée public national de l’enluminure, de la miniature et de la calligraphie, situé à La Basse-Casbah d’Alger, l’exposition intitulée «Charme et gaité de la miniature algérienne» propose au public, depuis son vernissage le 14 février dernier, une rétrospective illustrant l’évolution de l’enluminure et de la miniature algérienne.
Le musée présente ainsi au grand public près de quatre-vingts œuvres issues des collections d’artistes ou mises à disposition par leurs héritiers, réunissant dans un même espace les œuvres des doyens notamment, Haminoumna M’Hamed, Ranem Mohammed ou Adjaout Mustapha… pour les plus anciens, ou encore Amal Daiffallah et Mustapha Belaribi, issus de la génération née durant la décennie 1970. Le directeur du musée, Samir Dendene, nous précise que l’objectif de l’exposition était d’offrir des clés de lecture de l’art algérien, en soulignant que «l’exposition présente le travail des doyens aux côtés des œuvres de jeunes artistes. « C’est pour nous une occasion de mettre en avant l’évolution de la miniature, et montrer qu’il n’y a pas qu’une seule technique, et que les œuvres ont évolué».
La miniature et l’enluminure restent des voies d’expressions, peut-être plus rarement mises en avant lors des expositions collectives, ou même par les galeries d’art, une situation qui s’explique notamment par la complexité du travail, l’expérience et la maîtrise qu’elles nécessitent. «Souvent, quand on demande aux artistes d’exposer leurs œuvres, ils nous répondent qu’il n’en n’ont que trois ou quatre (…) C’est une forme d’expression différente. Réaliser une miniature ou une enluminure nécessite beaucoup de temps, la maîtrise d’une technique délicate, de la patience…»
L’exposition ayant, par ailleurs, été organisée et financée en collaboration avec le Centre des arts et exposition de Tlemcen, sa préparation aura également demandé de longs mois de travail. Le responsable du musée nous explique en ce sens que réunir autant d’œuvres, conservées dans des collections privées et réalisées à des époques différentes, par une trentaine d’artistes, n’aura pas été une tâche facile. En affirmant que «ce sont des œuvres issues de collections personnelles, d’artistes ou de leurs familles. Aucune n’est le prêt d’un musée». L’exposition est également accompagnée d’un important catalogue de 120 pages où les illustrations sont accompagnées de courtes biographies des artistes. Sa réalisation aura également nécessité un soin particulier. «Dès le mois de novembre, nous avons commencé à réunir les œuvres (…) Mais par la suite, la réalisation du catalogue a pris un certain temps, notamment pour la réalisation des photographies, la rédaction des biographies, d’autant qu’il a été parfois compliqué d’entrer en contact avec certains artistes.»
Le rendez-vous «Charme et gaité de la miniature algérienne», qui se poursuit ainsi à Alger jusqu’au 18 avril, se déplacera dès le 20 avril au Centre des arts et exposition (Carex) de Tlemcen. Le musée de la Basse-Casbah d’Alger devrait par la suite accueillir une exposition dédiée à la calligraphe. n