Dans un délai de trois ans, l’Algérie ne devrait plus recourir à l’achat d’essence à l’étranger. Ses capacités de raffinage d’ici 2022 devraient lui permettre d’atteindre l’autosuffisance en matière de production de ce carburant. C’est ce qu’a affirmé, dimanche, le ministre de l’Energie qui a précisé que notre pays devrait produire à cette date «15 millions de tonnes» d’essence, l’équivalent de ce qui est consommé chaque année. Mustapha Guitouni a rappelé que l’Algérie importe actuellement pour  2 milliards de dollars pour couvrir le déficit en essence. Outre la reprise prochaine (dans un mois) des activités de la raffinerie de Sidi R’zine (Alger), les productions des unités de Skikda et d’Arzew permettront d’atteindre dans des délais courts une capacité de raffinage de 13 millions de tonnes. La mise en service prochaine des raffineries de Hassi Messaoud et Tiaret couvriront le déficit du marché national et mettront le pays en situation d’excédent et de possibilité d’exportation vers les marchés extérieurs, «européens et africains», a dit le ministre.
A propos du renouvelable, M. Guitouni s’est montré rassurant quant à l’engagement du pays pour le développement de cette source d’énergie considérée comme une alternative sûre au fossile (hydrocarbures) en recul par rapport aux décennies précédentes. «L’Algérie, a-t-il rappelé, œuvre à produire 22 000 mégawatts d’énergie solaire dès l’horizon 2030», loin des 400 mégawatts produits en 2011, un niveau de performance qui a suscité des réactions quant à la volonté politique réelle d’aller vers le solaire alors que le pays en a tous les atouts. Loin également de l’objectif indiqué dans l’appel d’offres lancé par la commission de régulation du secteur, la Creg, pour la production prochaine de 200 mégawatts, 50 mégawatts par Sonelgaz pour réduire l’utilisation de diesel dans le Sahara, et 150 mégawatts par des entreprises nationales. En ce qui concerne l’équipement pour ce type d’énergie, 70 entreprises nationales ont retiré le cahier des charges relatif à la création d’unités de fabrication de panneaux solaires. «Il est inadmissible que l’Algérie continue d’importer les panneaux solaires», a jugé le ministre de l’Energie, qui a fait savoir que cette activité permettra «de générer pas moins de 700 000 emplois d’ici 2030».