La déclaration de politique générale du gouvernement, qui sera présentée lundi prochain devant le Parlement, fait le bilan de l’action de l’Exécutif durant l’année 2018, comparée à 2017, avec, en toile de fond, des réalisations peu suffisantes pour relever les grands défis à la fois économiques et budgétaires des prochaines années. La faible croissance de 2018, située à 2,2% en prévision, reste modeste, voire insuffisante pour insuffler une quelconque dynamique au moteur de l’emploi. D’où la hausse du taux de chômage qui avait rebondi à 11,7% à septembre 2018. « Cette croissance est modeste du fait du recul du secteur des hydrocarbures, car hors hydrocarbures, la croissance aura été de 2,2% en 2017 et s’annonce de 3,4% en 2018 », lit-on dans le document-bilan du gouvernement. L’activité du secteur des hydrocarbures a connu une décroissance de -8,2%, la pire contreperformance depuis plusieurs années, bien que le trou d’air persiste depuis maintenant plus d’une décennie. Au chapitre de l’activité hors hydrocarbures, c’est l’agriculture qui tire l’essentiel de la croissance avec, au compteur, une dynamique positive de 8,9%. Elle représente 12,3% du Produit intérieur brut national, avec une valeur globale de production supérieure à 3200 milliards de dinars et des emplois assurés à plus de 2,6 millions de personnes. Malgré son important apport dans la couverture des besoins nationaux, essentiellement en légumes et fruits, certaines filières agricoles trainent toujours la patte, notamment en matière de production de céréales, de lait et de viandes, dont la satisfaction de la demande nationale dépend de l’importation. Quant à l’industrie, le gouvernement dit avoir investi dans l’amélioration de l’environnement des affaires et promet de mettre en place plusieurs mesures complémentaires, toutes destinées à améliorer l’environnement de l’investissement. Si l’investissement local connait une bonne dynamique avec, au tableau, 8000 projets d’investissements déclarés auprès de l’ANDI de janvier 2017 à septembre 2018, l’investissement étranger reste le maillon faible de cet effort en faveur de la création d’entreprises. « Un effort substantiel de recherche et de mise en valeur est conduit par l’Office de recherche géologique et minière, avec un financement public. En parallèle, l’exploitation des mines de phosphates vient de connaître un nouveau départ avec le projet de Bled El Hedba, dans la wilaya de Tébessa, qui décuplera la production de phosphate et entrainera une véritable industrie d’engrais dans l’est du pays. Pour les mines de fer, des préparatifs sont en cours en vue d’une prochaine relance à même d’accompagner le développement de l’industrie sidérurgique locale. Celle-ci concernera d’abord les mines de Boukhadra et Ouenza qui verront l’augmentation de leurs productions », lit-on dans la déclaration de politique générale du gouvernement qui souligne, dans le même chapitre, que pour le gisement de Gara Djebilet dans la wilaya de Tindouf, des essais en laboratoire et des contacts avec des partenaires sont en cours et nous rapprochent de sa mise en valeur au cours de la prochaine décennie. Au chapitre énergétique, l’Exécutif confirme la baisse de croissance dans le secteur des hydrocarbures, une contreperformance évaluée à -13% qu’il impute à la remise à niveau des champs pétroliers et gaziers. L’Exécutif a mis en relief l’engagement du groupe Sonatrach dans une stratégie de valorisation accrue des hydrocarbures.
« C’est le cas avec le développement local et à l’international des capacités de raffinage de pétrole brut. C’est aussi le cas à travers le développement de la pétrochimie à l’image du nouveau complexe de production de polypropylène à Arzew », souligne-t-on.
« Un projet de révision de la loi sur les hydrocarbures est en cours de préparation pour améliorer l’attractivité de notre pays en matière d’exploration et d’exploitation de cette richesse nationale, alors qu’une concurrence rude se déroule dans ce domaine sur la scène internationale », conclut ledit document qui semble omettre de prendre en compte les enjeux de stabilisation de la production interne, de l’impératif de diversification énergétique et d’augmentation des recettes en devises, à l’heure où les réserves vont en baissant.
En somme, le secteur des hydrocarbures continue à s’enliser dans sa période de contreperformances amorcée depuis 2007, à l’heure où certains secteurs hors hydrocarbures, dont l’Industrie et le Tourisme peinent à contribuer à l’accélération de la diversification économique, pourtant vitale pour la réussite des projets de sortie de crise. n