L’Etat entrevoit une perspective d’exportation des services numériques. Le pays en a exportés pour 50 millions de dollars en 2018. C’est l’équivalent des exportations de produits agricoles.  Le sous-système d’exportation du numérique est encore embryonnaire. Aussi, faut-il donner  de la consistance à cette activité et l’encadrer.

Algérie Télécom ainsi que d’autres entreprises, avec le soutien de l’Etat, peuvent agir sur plusieurs leviers pour le faire. Le ministre du Commerce a incorporé cette thématique dans son agenda. M. Saïd Djellab a, en effet, expliqué hier en marge de la présentation de la participation algérienne au Salon international Viva Technology que le secteur dont il a la charge travaille à faire connaître les produits et services algériens à travers le monde, et ce, dans une optique de diversification des revenus en devises en dehors des hydrocarbures.
Il a souligné que les efforts entrepris ont été confortés par une nouvelle dynamique créée dans le cadre d’une nouvelle stratégie dont les contours ont été présentés en marge de la conférence qui s’est tenue le 18 décembre dernier, une rencontre qui a réuni tous les acteurs concernés par l’export, et qui a abordé la question des exportations des services. Et d’ajouter : du point de vue du potentiel exportable, le numérique représente une réelle opportunité, car, il s’agit d’un secteur dont la demande mondiale explose et où beaucoup de niches restent à conquérir et qui sont à la portée des entreprises algériennes. Selon lui, le pays dispose de plusieurs atouts, qui permettront aux PME, start-up et grands groupes de la filière numérique de gagner des parts à l’export.
Et ce, grâce à sa proximité avec l’Europe (troisième marché technologique mondial), pour développer des partenariats à l’export. Dans le cadre de la promotion des exportations de services, et en particulier, l’exportation de services numériques, M. Djellab a fait savoir également que son département va organiser en 2019 plusieurs événements technologiques majeurs, dont le programme officiel est soutenu par le fond de soutien à la promotion des exportations avec le support de la Safex. «Nous sommes, a-t-il dit, en train de préparer la participation de l’Algérie à Viva Tech 2019, et nous aurons, après cet événement, tout un travail de concertation à faire avec toutes les entreprises créées par les jeunes dans le numérique et la technologie». «Nous souhaitons, a-t-il poursuivi, en faire une locomotive d’exportations hors-hydrocarbures.» Un pari un peu fou pour une si jeune industrie du numérique ? Le ministre croit qu’il y a une dynamique commerciale qui devrait s’avérer profitable et pour les TIC et pour le pays.
Le câble sous-marin Medex reliant le réseau algérien de fibres optiques au réseau international et mis en service, samedi dernier, à Annaba, va également permettre d’exporter encore plus du service numérique. La ministre de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du Numérique, Mme Imene Houda Feraoun, a d’ailleurs évoqué cela. Algérie Télécom a déjà commencé à fournir du débit Internet à des pays africains. Elle le fait via des moyens terrestres et satellitaires. En ce qui concerne les moyens terrestres, Algérie Télécom a déjà déployé un câble jusqu’à la frontière algérienne, mais le raccordement aux pays voisins est entravé par le retard qu’ont ces pays frontaliers. Ces derniers ont du mal à déployer leurs câbles jusqu’à la même frontière, à cause, entre autres, de la situation sécuritaire au nord des pays frontaliers, ainsi que par les retards que connaît le raccordement de l’Algérie à deux câbles sous-marins qui viendront renforcer la bande passante algérienne.