Le film «la Vie continue» de Mohamed Zemaïch a été projeté, avant-hier, en avant-première à la Cinémathèque d’Alger, en présence des comédiens et quelques spectateurs. Réalisé avec le soutien du Centre algérien du développement du cinéma (CADC), du ministère de la Culture et du Fonds d’aide aux techniques et industrie du cinéma (Fdatic), ce long métrage revient sur une époque, terrible qu’a connue l’Algérie, en l’occurrence la décennie noire et les violences qu’a traversées le pays via l’histoire d’un jeune homme qui revient dans son pays pour son amour d’enfance.
Durant, quatre-vingt minutes, les spectateurs ont assisté à l’histoire de Hassan, campé par Hakim Boudissa, la trentaine, Franco-Algérien, qui revient à Alger pendant la décennie noire pour revoir son amour de jeunesse, Amina, joué par Nadia Larini. A son arrivée sur la terre de ses ancêtres, le jeune homme part directement revoir, un bouquet de fleurs à la main, celle dont il veut faire son épouse. Mais cette derrière lui claque la porte au nez. Hassan rentre alors s’installer dans la maison familiale pendant quelques jours, sans savoir que le pays a pris un autre tournant, et qui, petit à petit, sombre dans la haine et la violence et chaque jour amenait son lot d’assassinats, de massacres et d’attentats. Un jour, il un ami propriétaire d’un magasin d‘alimentation générale lui révèle qu’un groupe de terroristes était à sa recherche et qu’il le suivait. Il lui demande alors de faire attention et de s’enfermer chez lui et ne pas ouvrir sa porte même à son père. Un soir, alors qu’il était sous la douche, Hassan reçoit une lettre de menace le traitant de tous les noms et lui promettant une mort certaine. Il est paniqué et les événements s’enchaînent, de tragédie en tragédie. Hassan, qui voulait retourner en France, décide de rebrousser et brave tous les dangers pour épouser Amina.
Mais la mort en couches de la sœur cadette endeuille leur mariage, et les contraint à retarder leur départ d’Algérie. En effet, Hassan est envoyé malgré lui dans la région montagneuse de Médéa pour trouver le mari de la défunte. Mais la tragédie frappe encore de plein fouet avec une fin cinglante pour Hassan. Même si l’histoire est intéressante, plusieurs anomalies ont desservi ce long-métrage qui, pourtant, aborde une période importante de l’histoire contemporaine de l’Algérie et qui a besoin d’œuvres catharsis. En effet, plusieurs anachronismes ont émaillé le film. Se déroulant à l’époque de la décennie noire, notamment dans les années 1990, le long-métrage montre des images actuelles, telles que les voitures de modèles récents, les banderoles du 60e anniversaire de l’Indépendance de l’Algérie, les téléviseurs plasmas ainsi que beaucoup d’autres détails.
Des erreurs d’amateurs que le réalisateur aurait dû et pu éviter. De même, la qualité des images floues qui défilent sur le grand écran est désagréable. Beaucoup de séquences tiraient également en longueur sans justification narrative ou dramatique. Au final, un long métrage qui n’a pas été à la hauteur des attentes surtout pour un sujet qui aurait mérité une plus grande rigueur et une meilleure approche.