Le chef du Mouvement de la société pour la paix (MSP) et candidat à la candidature de la présidentielle d’avril prochain, Abderrezak Makri, tourne-t-il le dos à l’initiative d’Abdallah Djaballah qui court derrière une candidature unique de l’opposition ?

Toute porte à le croire, au moment où le Front de la justice et du développement (FJD) s’active pour une  réunion – prévue mercredi prochain –  à laquelle prendront part les partis et les personnalités avec lesquels le parti de Djaballah a eu à mener des rencontres bilatérales. A ce rendez-vous devant trouver un consensus autour d’une candidature unique de l’opposition, Makri pourrait bien briller par son absence, ce qui scellerait l’échec patent d’une initiative venue réellement dans « le temps additionnel » et sollicitant la convergence d’un personnel politique traversé par des clivages et des luttes de leadership.
Signe de sa non-adhésion à l’initiative du FJD, le leader du MSP a prévu une activité de son parti. Du côté du FJD, nous avons, en effet, appris que le président du MSP, est tributaire de son agenda. Autrement dit, le rassemblement du FJD est loin de constituer une priorité pour le candidat Makri. La présence de ce dernier «reste sous réserve par rapport à certains engagements importants qui sont programmés le même jour dans son agenda», nous a expliqué, hier, Mohamed El Amine Saâdi, membre du bureau national du FJD et secrétaire national du parti chargé de l’information. En dépit de cette défection, le FJD tient à aller au bout de son initiative qui peine visiblement à gagner des adhésions auprès des partis politiques les plus en vue sur la scène politique, notamment ceux ayant opté pour le boycott ou le rejet du scrutin, à l’image notamment du Front des forces socialistes (FFS), du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) et du Parti des travailleurs (PT).
Ces défections en cascade ne semblent pas, cependant, «contrarier les calculs du FJD, selon qui «les choses avancent plutôt bien pour l’initiative pour un candidat unique de l’opposition», nous a affirmé M. Saâdi.
Ce dernier a annoncé, dans ce sens, la présence d’une vingtaine de personnalités nationales et de leaders de partis politiques avec lesquels le FJD avait lancé des concertations en vue d’une candidature commune de l’opposition. Parmi les personnalités et chefs de parti attendus, il cite Ali Benflis, président du parti Talaie El Hourryet, le candidat libre Ali Ghediri, le président du parti El Fadjr El Djadid, Tahar Benbaïbèche, ainsi que le président du Mouvement des nationalistes libres (MNL) Abdelaziz Ghermoul.
A la question de savoir quel sera le contenu exact de cette rencontre, le même intervenant dira qu’il y a eu des rencontres bilatérales qui ont débattu de l’idée d’un candidat consensuel, expliquant que, lors de la rencontre de mercredi, il «sera question de présenter des noms ainsi que le programme qui sera concrétisé par le candidat du consensus».
Ajoutant qu’il y aura d’autres détails et que cette rencontre «pourrait être préliminaire et être suivie par d’autres pour aborder plus de détails, du moment où il y a plusieurs parties associées à cette initiative. Bien que notre formation politique soit à l’origine de cette initiative, elle ne peut imposer son avis aux autres». Interrogé sur le nom du candidat qui ferait l’unanimité, Mohamed El Amine Saâdi a souligné qu’il «est prématuré» de citer un nom, précisant que «si le FJD avait voulu soutenir un nom précis, il l’aurait fait bien auparavant».
La démarche vise à « rassembler l’opposition autour d’un seul candidat », il «est donc impossible de déterminer un nom précis avant même le déroulement de la rencontre mercredi», souligne M. Saâdi. Pour lui, cette rencontre «peut aboutir sur un résultat dans ce sens comme il se peut qu’une autre rencontre soit nécessaire pour cela, bien que le temps ne joue pas en notre faveur».n