Retour à la protestation dans le secteur de l’Education ! Les six syndicats de l’Education nationale, regroupés au sein de l’Intersyndicale, ont appelé, à l’issue d’une réunion tenue au siège de l’Unpef à Alger, à une grève nationale les 26 et 27 février. Un fait nouveau est à signaler : le Cnapeste, qui a tourné le dos à la grève du 21 janvier dernier, sera de la partie.

Ce mouvement sera appuyé par des sit-in régionaux le 27 février à Relizane (Ouest), Blida (Centre), Batna (Est) et Laghouat (Sud). A travers cette action, l’Intersyndicale compte faire valoir sa plateforme de revendications. Les organisations composant l’Intersyndicale, Unpef, Cnapeste, Snapest, Snte, Cela et Satef, se sont réunies mercredi et jeudi pour s’entendre sur une seule plateforme de revendications à défendre devant les autorités compétentes, car ces syndicats jusqu’à présent soulevaient des revendications qui n’étaient pas communes, nous a indiqué Lamri Zegar, porte-parole de l’Unpef. On se souvient notamment de l’épisode où le Cnapeste avait mené, en solo, une grève illimitée qui aura duré trois mois. «L’Intersyndicale de l’Education juge qu’il est judicieux de défendre une seule et unique plateforme de revendications qui se décline en trois axes, socioprofessionnel, pédagogique et liberté syndicale», ajoute notre interlocuteur. Sur ce volet, les syndicats de l’éducation dénoncent les entraves à l’exercice des libertés syndicales et déplorent la manière dont le ministère traite son partenaire social et, selon eux, tend à imposer davantage de restrictions à la liberté d’exercice de l’activité syndicale et invitent la tutelle à «revoir sa politique». Ils citent, entre autres, la suppression des procès-verbaux des réunions bilatérales, l’absence de sièges pour les syndicats, les restrictions au droit des représentants syndicaux de disposer du temps pour l’exercice de leurs activités syndicales, le recours aux tribunaux pour résoudre les conflits. S’agissant de la pédagogie, l’Intersyndicale demande de revoir le programme scolaire et de confectionner un autre en adéquation avec le niveau, les prédispositions et le pré-requis des élèves, notamment ceux du cycle primaire, et d’améliorer les conditions de travail pour aller vers une «école de qualité».
Pour rappel, dans une correspondance adressée aux directeurs de l’éducation, le ministère de tutelle a ordonné de mettre en place un système permanent de cours de soutien aux élèves qui le nécessitent, les samedis matin et les mardis après-midi. Pour ces raisons, les syndicalistes refusent que la tutelle touche à leur droit au congé de maladie ou celui de fin de semaine, et de rétablir la retraite proportionnelle pour les travailleurs du secteur, entre autres revendications socioprofessionnelles. Le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale avait qualifié d’illégale la grève nationale que ces mêmes syndicats ont observé le 21 janvier dernier, avec un taux de suivi jugé «mitigé». Selon Mourad Zemali, «la loi oblige chaque année les syndicats à déclarer leurs adhérents. Ils doivent avoir 20% des travailleurs de secteur pour pouvoir être acceptés en tant que tel et avoir le droit de lancer un appel à la grève». Or, avait ajouté le ministre, la majorité de ses syndicats «ne répondent pas à ces conditions», assurant qu’il «n’est pas contre l’activité syndicale qui est un droit garanti par la Constitution». S’agissant du projet de protocole d’accord ayant trait aux propositions et revendications socioprofessionnelles des syndicats, que le ministère de tutelle avait soumis à ses partenaires sociaux pour signature, le porte-parole de l’Unpef explique que le département de Nouria Benghebrit leur a promis de rédiger un autre P-V commun de rencontres bilatérales. n