Le mouvement Ennahda, dirigé par Yazid Benaïcha depuis son dernier congrès tenu au mois de décembre, a entamé hier les travaux de la première session ordinaire du conseil consultatif.
A l’ordre du jour, plusieurs questions réglementaires internes, mais dans le volet politique elles seront débattues par les quelque 120 membres du conseil présents à cette session. L’étape la plus attendue reste incontestablement la décision finale du mouvement sur la présidentielle d’avril prochain. La décision sera connue selon toute vraisemblance aujourd’hui au terme de cette session.
Lors des travaux qui se tiennent à Zéralda, Yazid Benaïcha a déclaré à Reporters que « toutes les options et les scenarios étaient envisageables lors des travaux tant le boycott que la participation». «Si on ira vers la participation, le soutien à un candidat consensuel de l’opposition est l’option la plus probable, celle de soutenir un 5e mandat du président Bouteflika est la moins probable», a-t-il précisé. A la question de savoir si cette approche de «candidat de consensus» converge avec celle adoptée par le Mouvement de la justice et du développement (FJD) dirigé par Abdallah Djaballah, le secrétaire général d’Ennahdha nous dira qu’il n’y avait pas de contact entre les deux partis.
« Nous n’avons pas eu de contacts jusqu’à maintenant avec ce parti politique, mais il faut retenir que cette approche du consensus a toujours été présente dans notre discours politique.» Dans son intervention lors des travaux, Yazid Benaïcha a affirmé que «dans l’état actuel des choses, la présidentielle de 2019 peut être une arme à double tranchant, soit elle va contribuer à endiguer la crise et reconsidérer l’action politique vers une bonne gouvernance, soit-elle va nous mener vers le statu quo avec tous ses risques». Pour lui, « dans les deux cas de figure, c’est le pouvoir qui détient l’entière responsabilité et derrière lui la classe politique».
Tout en considérant aussi que cette élection présidentielle «constitue une opportunité pour concrétiser le consensus national », M. Benaïcha a souligné que «l’origine des problèmes réside dans la corruption politique, qui fait que la solution ne peut être autre qu’à travers une réforme politique ».