Les producteurs hors Opep ne respectent pas tous les règles du jeu. Certains d’entre eux ne respectent pas les engagements pris dans le cadre de l’accord qu’ils ont signé, début décembre dernier, avec l’Opep. L’entente a prévu une réduction collective de la production de brut de 1,2 million de barils par jour sur une période initiale de six mois. Selon les termes de cet accord, les non-Opep devaient baisser leur production de 400 000 barils par jour.
Or, en l’état actuel des choses, le compte n’y est pas. Quelques pays manquant de discipline sont venus ainsi jouer les rabat-joie en surproduisant. Cela a fortement augmenté l’offre pétrolière mondiale comme le fait observer l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans son rapport mensuel publié hier. En termes chiffrés, elle relève sa prévision de croissance de l’offre hors Opep à 1,8 million de barils par jour, au lieu de 1,6 million précédemment, ce qui devrait contrebalancer les réductions de production de l’Opep et l’impact des sanctions américaines contre le Venezuela et l’Iran. Elle estime que le marché pétrolier mondial peinera cette année à absorber la forte hausse de l’offre hors Opep.
Côté Opep, le respect de l’accord s’est grandement amélioré au cours de ces derniers mois, mais rien ne prouve que les instruments de mise en œuvre de l’accord mis en place par l’Opep et ses alliés, permettront d’atteindre les objectifs de stabilisation du marché. Sa production totale a atteint 30,81 millions de barils par jour le mois dernier, soit 797 000 barils par jour de moins qu’en décembre, selon des sources secondaires citées par l’organisation dans son rapport mensuel. L’Opep semble ainsi tenir sa promesse de pomper moins d’or noir, comme elle s’y est engagée en décembre dans le cadre de l’accord en question. Il y a par ailleurs du nouveau sur le front de la croissance de la demande. Dans son rapport diffusé hier, l’AIE s’en tient à sa prévision de janvier d’une croissance de la demande mondiale de 1,4 million de barils par jour cette année, après une hausse de 1,3 million de barils par jour en 2018. La baisse des prix et le démarrage de projets pétrochimiques en Chine soutiendront la demande de brut, mais le ralentissement de la croissance économique aux Etats-Unis limite les marges de progression. Si la demande se maintient sur une trajectoire nettement ascendante, cela tirera forcément les prix vers le haut. Hier, le pétrole grimpait en cours d’échanges européens.
Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril valait 63,28 dollars à Londres, en hausse de 86 cents par rapport à la clôture de mardi. A New York, le baril américain (WTI) pour le contrat de mars gagnait 55 cents, à 53,65 dollars. Est-ce une tendance durable ? Rien n’est sûr encore, la situation des marchés étant aléatoire et l’Agence internationale de l’énergie vient de le souligner. L’équilibre du marché en 2019 ne semble pas aussi solide que certains l’aimeraient, alors que les cours se sont nettement repris dernièrement. La demande, même si elle prend légèrement de l’épaisseur, n’est pas encore forte. Elle reste problématique. L’offre ne l’est pas moins. Les années 2019 et 2020 sont actuellement scrutées attentivement par les analystes. Comment et par qui seront produits les futurs barils, alors que les gisements pétroliers perdent 5% de leur potentiel tous les ans ? Ces spécialistes estiment qu’il s’agit là d’une question centrale. Car, les investissements pétroliers sont de plus en plus faibles.n