A une encablure de la fin de la période de candidature, la précampagne pour le scrutin présidentiel donne déjà à voir. La scène pré-électorale se découvre une ambiance particulière avec des positionnements et des changements annonciateurs de la compétition à venir. Il devient patent que l’atmosphère est telle que la bataille sera rude et que les acteurs en question ne se feraient guère de cadeaux. Il paraît aujourd’hui inévitable pour les adeptes de la continuité de mouiller la chemise pour convaincre une opinion gagnée par une lassitude apparente. Il s’agira de répondre aux critiques les plus acerbes et présenter les arguments qui feront mouche dans l’esprit de l’électeur indécis. Le candidat-président avec de véritables cartes à faire valoir s’est déjà installé dans une posture d’ouverture annonçant un changement inéluctable au cas où les Algériens lui renouvellent leur confiance. Un coup d’avance qui pourrait bien avoir son effet dans le grand débat qui ne tardera pas à démarrer, alors que le jour J arrive à grandes enjambées. Les candidats de l’opposition devraient user de leur côté d’un discours extrême, voire sans complaisance pour le pouvoir. Les difficultés actuelles de l’Etat à des niveaux divers vont être inévitablement utilisées comme autant d’arguments par l’opposition pour dénigrer le candidat-président et son bilan. En tout état de cause la période de la campagne électorale pourrait ainsi être une véritable bataille dont n’en sortirait que le candidat le mieux armé. Ce clivage qui va inéluctablement s’installer durant la précampagne et la campagne pour la présidentielle est on ne peut plus bienvenu dans la vie politique nationale. Malgré une situation annonciatrice d’un ton exaspéré et où presque tous les coups seront permis, l’atmosphère de compétition rendrait à la politique ses lettres de noblesse. Une dynamique qui pourrait bien se pérenniser au-delà d’un rendez-vous électoral aussi crucial soit-il.