Le ministre de l’Industrie et des Mines Youcef Yousfi a révélé que la règle 51/49 relative à l’investissement étranger en Algérie n’est pas un texte sacré et que « l’Etat est disposé à la revoir dans le fond, si l’intérêt de l’Algérie le dictait ».

Lors de son passage au forum d’El Chaâb, le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, a révélé que la règle 51/49 relative à l’investissement étranger en Algérie a souvent été « contournée, mais cela n’a pas découragé beaucoup d’investisseurs». Cela dit, selon lui, «cette règle, ce n’est pas du Coran», ajoutant que «si l’intérêt de l’Algérie le dictait, on peut la changer, mais pour le moment, rien n’est programmé dans ce sens ». En d’autres termes, le principe de la règle 51/49 régissant l’investissement étranger avec un partenaire local est maintenu, mais son aménagement interviendra, peut-être, dans le cas où l’Algérie changerait de politique.
Sur la question de la récupération des terrains inexploités, Youcef Yousfi a soutenu avoir pris toutes les mesures nécessaires pour garantir le foncier industriel au profit des investisseurs. Ceci en récupérant le foncier non exploité et détourné pour d’autres activités.
Un foncier, objet de spéculations intenses qui entravent considérablement l’investissement dans le pays. D’ailleurs, il a expliqué que toute assiette foncière industrielle attribuée dans le cadre de la concession et non exploitée «sera récupérée par les services de chaque wilaya afin de pouvoir les attribuer aux investisseurs capables de réaliser des projets sur le terrain ».
D’autre part, il indiquera qu’« il existe 50 zones industrielles réparties sur 39 wilayas d’une valeur de 300 milliards de dinars », expliquant que «sur ce total, 43 ont été confiées aux walis». Pour ce qui est de assiette foncière octroyée dans le cadre de la cession, mais non exploitée au bout de trois ans par l’investisseur, ce dernier est appelé à payer une taxe de 5 % de la valeur financière de l’assiette foncière. (lire l’article de Feriel Nourine)
Industrie automobile : doucement,
mais sûrement
Poursuivant son intervention, le ministre est également revenu sur le dossier de l’industrie automobile pour dire que l’atteinte des objectifs tracés reste un but à long terme, et qu’il ne faut pas espérer voir émerger une véritable industrie automobile dans un horizon proche. «Je l’ai dit et je le redis, il faut qu’il y ait une transparence totale en ce qui concerne les prix, et nous sommes toujours dans notre politique de développement de l’industrie automobile», a-t-il déclaré.
Le premier responsable du secteur de l’Industrie a, cependant, souligné que cet objectif n’est pas impossible à atteindre, à condition de multiplier par 100 le nombre de sous-traitants. A cet effet, il a indiqué que
« le nombre actuel de sous-traitants est de 100 entreprises », ajoutant qu’« il faut augmenter progressivement le taux d’intégration nationale qui, au fur à mesure qu’il progresse, doit se traduire par une baisse graduelle des prix des véhicules ».
Industrie : toujours en développement
Par ailleurs, Youcef Yousfi s’est dit très satisfait des progrès que connaît le secteur de l’industrie en Algérie, affirmant que « l’industrie algérienne a commencé à se développer davantage ces dernières années grâce à la stabilité politique et sécuritaire que connaît le pays ».
Pour appuyer ses propos, Yousfi a avancé des chiffres de certains secteurs par rapport à l’investissement en 2018. Il précisera que « l’industrie sidérurgique, métallique, mécanique et électrique apporte près de 300 milliards de dinars, l’agroalimentaire 240 milliards de dinars, pour ce qui est de la filière chimie et plastique, elle assure 230 milliards de dinars».
Dans la même langue des statistiques, Yousfi a révélé que « les services du ministère ont enregistré 1,1 million de petites et moyennes entreprises dans le pays, 60 % d’entre elles sont des personnes morales, alors que les 40 % représentent les professions libérales et des activités artisanales ».
Il a ajouté également que « 2,7 millions des personnes travaillent dans les PME ». Et, poursuit-il, « durant le premier semestre de l’année écoulée, les services du ministère ont constaté une diminution des PME qui n’arrive pas à survivre ».<