Récipiendaire du Prix national de la meilleure œuvre théâtrale pour l’année 2018, la pièce «Baccalauréat», du Théâtre régional de Mostaganem, a, pendant plus d’une heure, régalé le public, avant-hier soir au Palais de la culture Mohamed-Boudiaf de Bordj Bou Arréridj. A la fin du spectacle, la troupe a eu droit à une standing ovation. Elle traite de l’école algérienne, prise en étau entre deux cultures et deux langues dominantes, pour, en fin de compte, n’être ni occidentale ni orientale.
Les personnages de la pièce, des élèves de classe de terminale, évoluent dans un décor poussiéreux et sobre, potaches insoucieux, passant leur temps à dire et à se contredire dans une langue approximative, et à s’occuper d’autre chose que de la raison pour laquelle ils sont dans la même salle de classe. Face à eux, une professeure ferme qui tente de ramener l’ordre et de se faire respecter. Et, bien qu’elle en ait vu de toutes les couleurs, parfois elle cède pour se prêter au jeu de ses élèves indisciplinés, sous peine d’être vue comme un mouton noir et faire l’objet de plaisanteries.
Un thème qui évoque l’écart entre les différentes couches de la même société, nourrie de discours populistes et fastidieux qui agacent les jeunes. Même les «fourmis» parmi les élèves sont influencées par les «cigales» pour que tout le monde décroche le Bac au final. Autre décor, après l’échec scolaire, suite du parcours, et pas des moindres, qui attend ces jeunes, celui de la harga. Dans l’obscurité, sous le vacarme de la houle et les cris des mouettes, les jeunes se laissent emporter dans des embarcations de fortune en prenant les vagues dans un voyage qui les conduira souvent à la mort avant de… voir Venise ! Un peu plus tôt dans la journée, le hall de la Maison de la culture a abrité la première édition de la calligraphie des Bibans, dédiée aux amateurs de cet art venus de 16 wilayas, avec des ateliers d’initiation à l’écriture et la fabrication des plumes biseautées, et ce durant quatre jours.