Le ministre de l’Energie, M. Mustapha Guitouni, vice-président de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), n’exclut pas une seconde baisse de la production des membres de l’Opep et ses alliés (Opep élargie), qui sera débattue à l’occasion
de leur réunion qui se tiendra en avril.

Il n’est pas affirmatif, mais l’idée, tributaire du rapport du comité de monitoring Opep-non-Opep qui doit se réunir le 18 mars en Azerbaïdjan, n’est pas à exclure.
Selon Mustapha Guitouni, l’Opep pourrait décider d’une nouvelle réduction de sa production de brut lors de sa prochaine réunion ministérielle, prévue en avril prochain à Vienne, afin de soutenir les prix. «Depuis notre dernière décision de décembre 2018, les prix se stabilisent. Ils se situent dans une fourchette entre 60 et 64 dollars le baril. L’Opep est souveraine et pourrait décider d’une nouvelle coupe dans sa production», a déclaré Mustapha Guitouni à la presse, en marge d’une réunion de la Commission africaine de l’énergie nucléaire (Afcone). Le ministre nuance ses propos en disant que cette éventuelle nouvelle baisse est tributaire d’un rapport que le comité de monitoring Opep-non-Opep devrait remettre à la réunion ministérielle d’avril prochain. Ce rapport portera sur l’évolution du marché pétrolier au premier trimestre de l’année, trois mois après la mise en œuvre des décisions issues de la réunion qui a regroupé, le 7 décembre dernier à Vienne, les membres de l’Opep et leurs partenaires non-Opep. «Pour l’instant, rien n’est décidé. Tout sera revu par des commissions de chaque pays qui sont en train de travailler actuellement sur le comportement du marché, sur les besoins et sur le développement des industries qui connaissent un certain ralentissement», a-t-il expliqué. Une réunion du Comité ministériel conjoint de suivi de l’accord Opep/non-Opep (Jmmc) est prévue le 18 mars prochain à Bakou (Azerbaïdjan). Interrogé sur certaines analyses faisant état de «divergences» entre l’Opep et ses partenaires producteurs de pétrole, le ministre a affirmé que les pays qui font partie de l’accord de Vienne continuent à collaborer en toute «cohésion».
«L’Opep va très bien, la coopération Opep/non-Opep va très bien. Il y a une cohésion totale et les points de vue convergent s’agissant de la stabilité des marchés», a-t-il soutenu. Ses propos contrastent visiblement avec ceux du ministre saoudien de l’Energie, Khalid Al-Falih, qui a jugé, récemment, que les réductions de la production russe étaient plus lentes, même s’il était certain que le pays pourrait en fin de compte contribuer à l’équilibre du marché. La Russie n’a réduit sa production de pétrole que de 47 000 barils par jour en janvier par rapport à son niveau de référence d’octobre, alors qu’elle s’était engagée à réduire son offre de 280 000 barils/jour conformément à l’accord signé le 7 décembre dernier à Vienne.
Cet accord, faut-il le rappeler, portait sur une baisse conjointe de la production de l’Opep et de ses alliés non-Opep de 1,2 million de barils/jour à partir du 1er janvier 2019, avec une réduction de  800 000 barils/jour par l’Opep et de 400 000 barils/jour par ces pays producteurs non-Opep.
Cet accord est intervenu suite à l’engagement des 15 pays membres de l’Opep à baisser leur production à hauteur de 3%, contre 2,2% par les 10 pays partenaires, sachant que l’Iran, le Venezuela et la Libye ne sont pas concernés en raison des difficultés enregistrées dans la production de leurs quotas respectifs habituels. L’accord n’a jusqu’ici que très faiblement influé sur les fondamentaux du marché. S’il est vrai que la baisse des cours a été enrayée, l’équilibre du marché est loin d’être acquis. L’Opep et ses partenaires devraient probablement redoubler d’effort face à une production américaine qui ne cesse d’augmenter. C’est pourquoi une nouvelle baisse de la production de l’Opep et celle de ses partenaires n’est pas à exclure.