L’opposition semble irrémédiablement à la recherche d’un candidat unique qui pourrait rivaliser avec le président candidat Abdelaziz Bouteflika, qui part favori pour la présidentielle. Sauf que dans une conjoncture politique, caractérisée par le clivage et la suspicion, la mission paraît complexe. Trouver l’homme consensuel qui pourrait représenter l’opposition dans les prochaines joutes et porter le discours du « changement » s’avère particulièrement complexe. Ainsi un certain nombre de partis de l’opposition, revendiquant un électorat qui refuse l’éventualité d’un cinquième mandat du président actuel, se retrouve, à moins d’une vingtaine de jours de la clôture des candidatures, face à un véritable dilemme. Le choix cornélien auquel sont confrontés certains candidats les plus en vue du paysage politique national, celui d’y aller chacun de son côté ou bien faire bloc derrière une candidature unique est symptomatique d’un désarroi que ne saurait expliquer seule la détérioration du système politique algérien. Résultat d’une scène politique incapable de produire des personnalités d’envergure qui pourraient susciter l’adhésion populaire. La campagne électorale du scrutin du 18 avril prochain sera, on le pressent déjà, électrique. Les partisans de la continuité devraient retrousser les manches pour convaincre les Algériens de faire de nouveau confiance au président sortant, qui plus est, propose une alternative post-présidentielle particulièrement attrayante. L’opposition, à travers des candidats différents ou derrière un représentant unique, devrait utiliser tous les moyens pour dénigrer un possible cinquième mandat, qui ne ferait, selon eux, que perpétuer la crise politique et la sclérose. Les partisans du boycott ne se feront pas prier pour dénigrer l’opération dans sa globalité, arguant que les jeux sont déjà faits. Ces différents animateurs de la prochaine élection constitueront évidemment les acteurs d’un riche programme qui attend les électeurs. Des dichotomies qui ne feraient que susciter une compétition extrême et une concurrence exacerbée entre les candidats au poste suprême.