La présence des forces de l’ordre au sein des infrastructures sportives, pour l’année 2018, a été plus que remarquable, du fait qu’un nombreux public qui ne se rend pas au stade uniquement pour apprécier une rencontre sportive, de football essentiellement.
Dans un récapitulatif de la constance de la police sur les aires de football, issu de l’inspection régionale de la police de l’Est, IRPE, il s’avère que le rôle de prévention et de protection des biens et des personnes à l’intérieur des enceintes sportives, qui devaient revenir à des « stadiers », ne s’est pas effectué.
Le flambeau qui devait passer de l’un à l’autre n’a pas eu lieu « du fait que les stadiers n’ont pas été formés comme il se doit, et que la violence a grimpé de plusieurs crans » sur les terrains de football notamment.
Pour ce qui est de la saison footballistique 2017/2018, six équipes de l’Est ont évolué parmi l’élite, à savoir l’ESS, le CSC, l’ASAM, le CABBA, le DRBT et le MOB. Pour la Ligue 2, quatre clubs, le MCEE, la JSMS, la JSMB, et l’USM Annaba. Pour les divisions inférieures amateurs, quinze équipes font partie des « protégés » de l’IRPE.
La violence omniprésente
Pour les rencontres, il y a eu quelque 625 000 spectateurs, toutes divisions confondues. Ce qui représente une moyenne de 8 000 par rencontre, avec des records d’affluence qui tournent autour de 15 000 supporters par confrontation, au bénéfice du CSC et de l’USM Annaba.
La sécurisation de tout ce beau monde pour 78 rencontres a nécessité plus de 48 000 policiers, 624 par match, à-peu-près.
Pour ce qui est des « supporters » les plus violents, le MO Béjaïa trôner à la peu reluisante première place, suivi par le BBA et l’ESS. Une violence qui n’est pas tangente d’un calme espéré puisque rien que pour la phase aller de l’actuelle saison, 14 incidents importants ont été enregistrés, 6 en Ligue 1 Mobilis, 3 en Ligue 2 Mobilis et 5 dans les divisions amateurs.
Tout cela aura pour incidence directe la blessure de 98 policiers, « et le chiffre grimpe chaque saison », nous dira-t-on encore, avec l’arrestation de plus de 500 pseudos supporters dont 46 d’entre eux ont été présentés à la justice, alors que les autres feront partie d’un suivi par la police.
« Résultats de facteurs multiples »
Toute cette hargne et tous ces incidents sont, selon l’analyse rendue par les spécialistes de l’IRPE de la violence dans les stades, « le résultat de facteurs multiples », relatera un commissaire divisionnaire de l’IRPE. Parmi les plus marquants, on retiendra « les derbies, les déclarations irresponsables de certains dirigeants et/ou joueurs, la situation financière chaotique de l’équipe, les contestations des décisions de l’arbitre, les déplacement hors normes des supporters et le manque de formation des aides à la sécurité sur les stades ».
A tous ces facteurs, les spécialistes de la violence dans le sport, le football particulièrement, relèveront dans le périmètre urbain populaire, les barrières qui ne font que jeter de l’huile sur le feu, le manque d’accompagnement du supporter dans l’enceinte du stade par de la pitance, de l’eau ou des toilettes, et la liste est encore longue.
A cela, il faut aussi inclure depuis quelques années le rôle néfaste que jouent les réseaux sociaux et le comportement scandaleux de certains joueurs trop gâtés, surpayés, avec les conséquences et les «exemples» donnés aux jeunes supporters. Les cas de Belaili, Chaouchi, et plus récemment Chérif-El Ouzzani, et tant d’autres «stars» du football national, sont là pour le prouver, si besoin est. n