Avec un taux de remplissage de l’ordre de 75% au niveau des barrages grâce à une pluviométrie exceptionnelle en 2018 dépassant les 37%, l’été 2019 se passera sans encombre, selon l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT).
Lors de la rencontre, hier au Palais des expositions en marge de la 13e édition du Salon Pollutec, l’Anbt a assuré qu’avec 5,7 milliards m3 d’eau stockés, les risques de déficit hydrique sont à écarter durant la saison des chaleurs. Le directeur général de l’Algérienne des eaux (ADE), Smaïn Amirouche, a souligné, pour sa part, que 86% de la population algérienne sera approvisionnée en eau potable H24 pendant l’été 2019, contre 80% aujourd’hui. Actuellement, indique le directeur général de l’Anbt, Arezki Berraki, le secteur compte 80 barrages d’une capacité de 5 milliards m3 et 210 petits barrages d’une capacité de 300 millions m3.
Parmi les grands barrages, 2 sont centenaires et 22 date de plus de 50 ans mais sont en bon état. «En dépit de l’importance des ouvrages réalisés dans le secteur de l’eau, on n’a pas encore gagné la bataille contre la sécheresse. Une étude a donc été lancée autour des mesures à prendre pour lutter contre les sécheresses prolongées afin d’assurer la disponibilité de l’eau dans n’importe quelle condition», explique-t-il, précisant que cette étude sera achevée à la fin de cette année. A l’horizon 2030, poursuit-il, le nombre des barrages atteindra les 130, d’une capacité globale de 10 milliards m3, tandis que l’apport des stations de dessalement sera de l’ordre de 1 milliard m3/an. Toujours à l’horizon 2030, il est question aussi d’un projet de transfert de 5 millions de m3 de ressources souterraines du Sud vers les Hauts-Plateaux. «La stratégie nationale de l’eau est basée sur la planification et les prévisions. Outre rattraper le retard dans la réalisation d’infrastructures de mobilisation et de sécurisation, notre but est aussi de réhabiliter le système d’assainissement, de conforter l’irrigation et d’intensifier la sensibilisation autour de l’économie de l’eau», affirme-t-il. A propos de l’économie de l’eau, le directeur général de l’ADE a signalé que le consommateur algérien gaspille l’eau en consommant 180 l/habitant/jour alors que la norme européenne est entre 80 et 100 l/habitant/jour. «Il faut savoir que 45% de l’eau qu’on produit est gaspillée en raison des fuites (30%) et de vol (10%), entre autres. On compte remédier à cette situation d’ici 2030 pour ramener ce taux de 30 à 18%», dira-t-il. Il a annoncé également l’intégration progressive, à l’ADE, des communes qui ne le sont pas jusqu’à présent, ainsi, en 2020, la totalité des communes du pays seront gérées par l’ADE. En 2019, 200 communes seront intégrées, engendrant un coût financier de 21.9 milliards de DA, et 163 communes en 2020 avec un coût de 14 milliards de DA.
Evoquant la qualité de l’eau du robinet, le directeur général de l’ADE a assuré qu’elle est contrôlée et suivie quotidiennement par 729 experts et qu’elle est conforme à la réglementation algérienne.<