L’ambassadeur de la République bolivarienne du Venezuela à Alger était, hier, l’hôte du forum organisé par le quotidien Le Courrier.
M. Jose de Jesus Sojo Reyes a saisi cette occasion pour commenter et analyser l’actualité dans son pays et la crise politique qu’il connaît depuis le 23 janvier dernier, date à laquelle le président de l’Assemblée nationale, Juan Guaido, s’est autoproclamé Président et demandé le départ de Nicolas Maduro. A l’étouffement économique dont souffre le Venezuela, pays essentiellement pétrolier, depuis l’effondrement des cours du brut il y a bientôt cinq ans, s’est donc ajoutée une tension politique ravivée par l’intervention d’acteurs internationaux. Cette situation laisse apparaître, depuis plusieurs semaines, deux camps rivaux. Le premier, celui du président légitime, est soutenu par la Chine, la Russie, la Turquie et Cuba. Le second, celui du président autoproclamé, jouit de l’appui des Etats-Unis, de la plupart des pays européens, sauf l’Italie, et d’une majorité des pays latino-américains. Ce que recherche M. Guaido, a indiqué hier l’ambassadeur vénézuélien, est le «pourrissement» et la «mise sous tutelle américaine du Venezuela». Dans l’aggravation de la crise dans ce pays, «le chef d’orchestre, ce sont les Etats-Unis. Ce sont eux qui sont derrière la tentative de coup d’Etat», a-t-il affirmé en dédouanant son gouvernement des erreurs de gestion qu’il a commises, selon les analystes.
Aux yeux de M. Jose de Jesus Sojo Reyes, la cible des Etats-Unis et des pays occidentaux hostiles au président Maduro, «c’est le chavisme et son héritage» qu’ils veulent liquider dans une Amérique latine majoritairement à droite. En ce qui concerne le président de l’Assemblée et président autoproclamé, le diplomate pense qu’il s’agit d’une «marionnette» aux mains de Washington et de l’«empire» américain, évoquant ce que le président Maduro a dit de
M. Guaido, un homme «sans trajectoire politique, sans autonomie ni compétences politiques». «On mène une guerre économique. Le pays est sous blocus économique depuis cinq ans», a ajouté le diplomate vénézuélien. Estimant que le « gouvernement légitime» à Caracas va résister à toutes les pressions car les Venezueliens ne sont pas dupes, a-t-il soutenu. L’ambassadeur du Venezuela a salué la position de l’Algérie, «une position juste et fondée sur des principes. Il a souhaité que les pays de l’UE hostiles à son gouvernement en fassent de même et analysent de près ce qui se passe sur le terrain. Contrairement à la propagande menée dans plusieurs médias internationaux, on a vu une cohésion et une fermeté de l’armée autour du président Maduro. Les militaires et la population sont en phase et d’accord pour la préservation de la légitimité politique et institutionnelle dans le pays », a-t-il affirmé »n